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Le taux annuel d'inflation est resté stable en octobre au Canada à 1,2 %

23/11/2012 08:56 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST
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OTTAWA - L'inflation annuelle canadienne s'est maintenue à 1,2 pour cent pour un troisième mois consécutif en octobre, affichant une stabilité qui donne à la Banque du Canada peu de raison d'ajuster ses très faibles taux d'intérêt.

L'indice des prix à la consommation calculé par Statistique Canada s'est avéré légèrement plus élevé que les économistes ne l'avaient prévu, compte tenu qu'il était généralement su que les prix de l'essence avaient chuté au cours du mois, mais l'inflation est restée malgré tout dans la plus faible portion de la fourchette cible préconisée par la banque centrale.

L'inflation de base — qui s'intéresse aux pressions sous-jacentes sur les prix en excluant ceux des éléments les plus volatils, comme l'énergie et les aliments frais — s'est établie à 1,3 pour cent en octobre, ce qui était aussi inférieur aux attentes des observateurs.

Les prix de l'essence ont reculé de 1,2 pour cent par rapport au mois de septembre, un déclin moindre que celui attendu. Ceux-ci restent malgré tout supérieurs de quatre pour cent à ceux de l'an dernier.

Les économistes misaient en moyenne sur une inflation annuelle de 1,1 pour cent, qui aurait été la plus faible depuis juin 2010, alors qu'elle était de 1,0 pour cent.

«L'inflation reste un sujet mort au Canada», a noté Derek Holt, vice-président des études économiques chez Banque Scotia Services bancaires et marchés mondiaux.

«Il est très tôt dans le trimestre — seul le mois d'octobre est terminé — mais l'inflation du quatrième trimestre est jusqu'à maintenant en deçà des prévisions de la Banque du Canada.»

L'analyste David, de Capital Economics, s'attend à ce que l'inflation de base se replie à un pour cent au cours des prochains mois, ce qui serait bien plus faible que la prévision de 1,6 pour cent de la banque centrale, et inférieur à sa cible de deux pour cent.

«Compte tenu du ralentissement économique du troisième trimestre et des perspectives mondiales chancelantes, les pressions inflationnistes vont rester effacées. En conséquence, les taux d'intérêt à court et long terme devraient rester très faibles au cours de la prochaine année», a-t-il indiqué dans une note à ses clients.

Le principal risque à l'inflation reste éventuellement celui des prix des aliments, lesquels, en données désaisonnalisées, ont progressé de 0,5 pour cent sur une base mensuelle. Des analystes croient qu'ils pourraient grimper d'environ trois pour cent sur une base annuelle d'ici le milieu de l'an prochain, par rapport à leur croissance actuelle de deux pour cent.

Malgré la faible inflation et les inquiétudes quant à l'économie mondiale, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, continue de dire que les taux d'intérêt sont voués à augmenter à un moment donné.

Ses déclarations semblent essentiellement être un avertissement pour les consommateurs, qui ont accumulé une dette personnelle record pendant une période prolongée de faibles coûts d'emprunt.

Mais le marché de l'habitation s'est refroidi récemment et les économistes ne croient pas que Mark Carney va passer de la parole aux actes avant au moins la fin 2013 ou, plus vraisemblablement, en 2014.

Dans l'ensemble, le rapport de Statistique Canada publié vendredi montre peu d'éléments troubles à l'horizon pour l'inflation, la plupart des augmentations de prix se pointant à un rythme modeste ou modéré.

Les prix de la viande ont crû de 5,1 pour cent en octobre par rapport à l'an dernier, même si ceux des aliments en général n'ont progressé que de deux pour cent pendant cette période. Les impôts fonciers ont progressé de 2,8 pour cent, et le coût de remplacement des propriétaires a avancé de 2,2 pour cent.

Cependant, les coûts d'intérêt hypothécaires ont diminué de 2,6 pour cent, ceux du gaz naturel ont chuté de 11,6 pour cent, ceux des vêtements de femmes ont effacé 3,8 pour cent, l'équipement de vidéo coûtait 13,2 pour cent moins cher et les coûts de l'équipement informatique et des logiciels ont retraité de 4,6 pour cent le mois dernier par rapport au mois d'octobre 2011.

Sur une base mensuelle, les prix ont crû de 0,2 pour cent, soit la même augmentation de lors des deux mois précédents. Les impôts fonciers, les fruits frais et les automobiles ont coûté plus cher, tandis que l'essence, les produits laitiers et les coûts hypothécaires ont légèrement diminué.

Pour ce qui est des données régionales, l'inflation a été la plus forte à Terre-Neuve-et-Labrador, avec un taux de 2,2 pour cent, tandis que la plus faible a été enregistrée en Colombie-Britannique, où les prix n'ont progressé que de 0,5 pour cent en octobre par rapport à l'an dernier.

Au Québec, l'inflation annuelle est restée stable à 1,9 pour cent, tandis qu'elle a progressé à 1,0 pour cent en Ontario. Au Nouveau-Brunswick, les prix ont grimpé de 1,4 pour cent le mois dernier.

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