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Des accrochages à la frontière entre Gaza et Israël font un mort et 19 blessés

23/11/2012 10:52 EST | Actualisé 23/01/2013 05:12 EST

GAZA, Territoire palestinien - Des soldats israéliens ont ouvert le feu vendredi sur des Palestiniens qui s'étaient précipités sur la clôture séparant Israël de la bande de Gaza, tuant une personne et faisant 19 blessés. L'incident ne devrait pas remettre en cause la trêve fragile conclue il y a deux jours entre le Hamas et l'État hébreu.

La trêve, qui met fin aux tirs de roquettes sur le territoire israélien et aux raids aériens dans la bande de Gaza, a été conclue après huit jours d'affrontements qui ont tué au moins 161 Palestiniens et six Israéliens.

Vendredi, des centaines de Palestiniens se sont approchés de la clôture-frontière en plusieurs endroits de la bande de Gaza. Ils voulaient apparemment voir si l'armée israélienne les laisserait entrer dans la zone-tampon de 300 mètres du côté palestinien de la clôture, une mesure mise en place par l'armée israélienne pour empêcher les infiltrations de militants palestiniens. Dans le passé, les soldats israéliens ont plusieurs fois ouvert le feu sur des Palestiniens qui étaient entrés dans la zone.

Dans un incident immortalisé sur une vidéo que l'Associated Press a obtenue, on voit plusieurs dizaines de Palestiniens, de jeunes hommes pour la plupart, approcher de la clôture, face à un groupe de soldats israéliens qui se tiennent de l'autre côté.

Certains Palestiniens parlent brièvement aux soldats, alors que d'autres semblent vouloir les provoquer en scandant «Dieu est grand» et «Morsi Morsi», en référence au président égyptien Mohamed Morsi, dont la médiation a permis de conclure la trêve.

À un certain moment, un soldat crie en hébreu «Partez avant que j'ouvre le feu». Le soldat s'agenouille, s'apprêtant apparemment à tirer. Des tirs ont ensuite éclaté, mais on ne sait pas si la personne tuée vendredi se trouvait à cet endroit précis.

Selon un responsable de la santé à Gaza, Ashraf al-Kidra, un jeune homme âgé de 20 ans a été tué et 19 autres personnes ont été blessées par des tirs israéliens le long de la frontière.

Lors des affrontements, le service de sécurité du Hamas a tenté de calmer la situation et d'éloigner les manifestants de la clôture.

Moussa Abou Marzouk, un haut responsable du Hamas qui participe aux négociations au Caire, a déclaré à l'Associated Press que ces incidents n'auraient pas de conséquence sur le cessez-le-feu.

Les manifestants étaient surtout de jeunes hommes, mais il y avait aussi des paysans espérant recommencer à travailler sur leurs terres dans la zone-tampon. Ali Abou Taimah, un jeune manifestant de 19 ans joint par téléphone vendredi dans la zone-tampon, a déclaré que son père et lui étaient venus voir leurs terres laissées en jachère depuis plusieurs années.

«Quand nous allons sur nos terres, nous disons aux occupants (Israël) que nous n'avons pas peur du tout», a-t-il déclaré.

Selon l'armée israélienne, environ 300 Palestiniens se sont approchés de la clôture en différents endroits de la bande de Gaza, en tentant de franchir la frontière pour pénétrer sur le territoire israélien. Les soldats ont tiré en l'air en guise d'avertissement, mais quand les Palestiniens ont refusé de partir, les militaires ont ouvert le feu sur les manifestants au niveau de leurs jambes, selon l'armée.

Un Palestinien s'est infiltré en Israël durant l'échauffourée, mais il a été ramené dans la bande de Gaza, a indiqué l'armée israélienne.

Au Caire, de nouvelles discussions menées sous l'égide de l'Égypte doivent porter sur la prochaine étape du cessez-le-feu, soit un nouvel accord sur le blocus imposé à la bande de Gaza depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas, en 2007. Le Mouvement de la résistance islamique demande une levée des restrictions à la frontière, alors qu'Israël insiste pour que cesse la contrebande d'armes vers le territoire palestinien.

Un sondage rendu public vendredi montre que la moitié des Israéliens pensent que leur gouvernement aurait dû poursuivre son offensive militaire contre les militants de la bande de Gaza.

D'après ce sondage de l'institut Maagar Mohot, 49 pour cent des personnes interrogées pensent qu'Israël aurait dû continuer son offensive, 31 pour cent soutiennent la décision du gouvernement d'arrêter et 20 pour cent n'ont pas exprimé d'opinion.

Pour 29 pour cent des personnes interrogées, le gouvernement israélien aurait dû envoyer des troupes terrestres pour envahir le territoire palestinien.

Le sondage, réalisé auprès de 503 personnes, comporte une marge d'erreur de 4,5 points de pourcentage.

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