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Yémen: la question sudiste au centre du dialogue national

22/11/2012 06:48 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

La question du sud du Yémen, où se développent les revendications séparatistes, est le problème le plus épineux du dialogue national prévu par l'accord de transition politique signé il y a un an.

"La question sudiste est en tête de l'ordre du jour du dialogue national et elle sera la clef pour l'avenir", a déclaré à l'AFP le ministre yéménite du Plan et de la Coopération internationale Mohamed al-Saadi.

M. Saadi, qui espère que les 8 milliards de dollars promis par les donateurs et les Amis du Yémen pour sortir son pays de la crise seront bien versés, souligne ainsi l'urgence d'un règlement de la question sudiste.

Une conférence de dialogue national, prévue initialement à la mi-novembre, prend du retard en raison des réserves du Mouvement sudiste, dont certaines composantes réclament le fédéralisme et d'autres une sécession de cette région qui était un Etat indépendant jusqu'en 1990.

"La participation du Mouvement sudiste au dialogue national fera réussir ou échouer ce dialogue", affirme April Longley Alley, de l'International Crisis Group, dans une récente analyse.

Le comité préparatoire du dialogue national a proposé au président Abd Rabbo Mansour Hadi une série de mesures pour redonner confiance aux habitants du Sud, où un sentiment séparatiste s'est développé depuis 2007, afin d'encourager le Mouvement sudiste à s'engager dans le dialogue.

Parmi ces mesures figure la réintégration dans leurs fonctions ou la compensation de quelque 60.000 fonctionnaires, militaires et policiers licenciés "abusivement" ou mis à la retraite anticipée du temps de l'ex-président Ali Abdallah Saleh, selon un membre du comité.

L'émissaire de l'ONU au Yémen Jamal Benomar vient de rencontrer au Caire les dirigeants en exil du Mouvement sudiste pour tenter de les convaincre de participer au dialogue.

Pour M. Benomar, qui doit soumettre le 28 novembre un rapport au Conseil de sécurité sur l'évolution de la situation au Yémen, les revendications sudistes "sont légitimes" mais doivent demeurer "dans le cadre de l'intégrité territoriale du Yémen". Ses interlocuteurs ont réclamé le droit à l'autodétermination.

"Tout se fera dans le cadre de la sécurité et de l'intégrité territoriale du Yémen", telles que définies par les résolutions 2014 et 2051 du Conseil de sécurité, a répété le président Hadi lundi à Sanaa devant le chef de l'ONU Ban Ki-moon, venu lui témoigner son soutien.

"Les derniers points litigieux seront réglés avant la fin du mois et le dialogue national va pouvoir commencer peu après, en décembre", a déclaré à l'AFP le ministre du Plan.

Le comité préparatoire, cité par l'agence officielle Saba, a annoncé mercredi allouer aux sudistes 50% des sièges au dialogue national, accédant à leur demande de parité avec les nordistes.

"C'est une bonne mesure", a réagi le militant sudiste Qassem Daoud, estimant toutefois que la référence aux résolutions de l'ONU témoigne d'"une approche unilatérale qui n'aide pas une participation sudiste et une réussite du dialogue".

Le dialogue, appelé notamment à élaborer une nouvelle Constitution et préparer des élections législatives et présidentielle à la fin d'une transition de deux ans en février 2014, sera d'ailleurs semé d'embûches.

La lutte d'influence engagée dans le nord du Yémen entre les rebelles chiites zaïdites et les partisans du parti islamiste sunnite Al-Islah pourrait peser sur le dialogue dans lequel les deux protagonistes seront représentés.

En outre, la controverse sur la question de l'immunité accordée à l'ex-président Ali Abdallah Saleh et à ses proches en échange de son départ du pouvoir en février 2011 risque d'être soulevée par les mouvements de jeunes, principaux animateurs de la contestation de l'an dernier.

Mais la principale menace dans le pays demeure l'insécurité liée à Al-Qaïda, actif dans le Sud et l'Est: les attaques du réseau "sont en hausse, avec le meurtre en 2012 de plus de 60 militaires et policiers alors que le ministre de la Défense a échappé à au moins six tentatives d'assassinat", souligne April Longley Alley.

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