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Une importante partie de l'Est syrien passe aux mains des rebelles

22/11/2012 05:25 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Les rebelles syriens ont pris le contrôle d'une importante partie de l'est du pays, le long de la frontière avec l'Irak, en s'emparant tôt jeudi d'une ville stratégique de la région.

Depuis le début en mars 2011 d'une révolte populaire devenue guerre civile, les violences ont fait plus de 40.000 morts, dont une majorité de civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) qui s'appuie sur un réseau de militants et de médecins.

"La zone, qui s'étend de la frontière irakienne à la lisière de Deir Ezzor est désormais le secteur le plus important échappant totalement au contrôle de l'armée", a expliqué à l'AFP le président de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Au terme d'un siège de trois semaines et d'un assaut durant lequel au moins six soldats ont été tués, les insurgés se sont emparés d'un camp militaire proche de Mayadine, selon l'OSDH, qui affirme que l'armée n'a plus aucune présence dans la ville.

La rébellion a récemment pris une autre place-forte de l'armée de Bachar al-Assad, la base 46, dans le Nord, proche de la Turquie, mais a perdu celle, proche, de Cheikh Souleimane, autour de laquelle l'armée a gagné du terrain mercredi, selon l'OSDH.

Cheikh Souleimane est désormais le seul obstacle à la "libération" quasi-complète d'une large zone allant de la frontière turque jusqu'à la métropole d'Alep par les rebelles.

Le régime, dont l'armée est bousculée par une rébellion de plus en plus audacieuse, a réduit ses ambitions territoriales pour se concentrer sur le sud, Damas, le centre de la Syrie et le pays alaouite, dans le nord-ouest, estiment les analystes.

Son objectif, pour les experts, est de se maintenir sur des positions pour avoir une carte entre ses mains lorsque viendra le temps des négociations.

Alors que les voisins de la Syrie craignent un débordement du conflit, Ankara a demandé à l'Otan le déploiement de missiles de défense anti-aérienne Patriot sur son sol.

Les Etats-Unis se sont dits plutôt favorables à cette demande, Berlin a dit espérer que le Parlement allemand donne son feu vert d'ici la mi-décembre et le gouvernement néerlandais a fait savoir qu'il allait "se pencher sur la possibilité d'une contribution".

Parmi les 28 membres de l'Otan, seuls ces trois pays possèdent des Patriot. De son côté, Paris a estimé qu'il n'y avait "pas de raison de refuser".

Moscou, grand allié de Damas, a déconseillé à la Turquie de déployer ces Patriot, l'exhortant à favoriser une solution politique plutôt qu'à "montrer (ses) muscles".

Sur le terrain, l'armée a repris ses bombardements sur le sud de Damas et la campagne environnante, selon l'OSDH, où six civils, deux soldats et deux rebelles ont péri dans la matinée.

Le quotidien du parti Baas au pouvoir écrivait dans son édition de jeudi: "L'opération de purge de la région de Damas est entrée quasiment officiellement dans son étape finale grâce à l'élimination de dizaines de terroristes (...) dans la Ghouta orientale ces derniers jours".

Cette région de vergers est la principale base arrière des rebelles qui tentent de prendre Damas. Le régime assimile les rebelles à des "terroristes" armés et financés par l'étranger.

Dans le nord-est à majorité kurde, des centaines de combattants rebelles et kurdes étaient massés à Rass al-Aïn, près de la frontière turque, selon l'OSDH et des habitants qui craignaient un regain de violences après des combats meurtriers en début de semaine.

Mercredi, 122 personnes ont péri dans des violences à travers le pays, dont 46 soldats, 37 civils et 39 rebelles, selon l'OSDH.

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