NOUVELLES

Nicolas Sarkozy pourrait être accusé dans une affaire de financement occulte

22/11/2012 01:30 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

BORDEAUX, France - L'ancien président français Nicolas Sarkozy a été placé sous le statut de témoin assisté jeudi, au terme d'un interrogatoire de 12 heures mené par les juges d'instruction de Bordeaux en charge de l'affaire Bettencourt.

La justice française s'interroge sur un éventuel financement occulte de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2007 impliquant Liliane Bettencourt, héritière de l'empire de cosmétiques L'Oréal.

Après un interrogatoire de 12 heures, le procureur de Bordeaux, Claude Laplaud, a confirmé que l'ancien président avait été placé sous le statut de témoin assisté dans cette affaire. Cela signifie qu'il pourrait éventuellement faire face à des accusations.

Nicolas Sarkozy a quitté le palais de justice de Bordeaux peu avant 22 h jeudi soir, accompagné par son avocat, Thierry Herzog.

Un important dispositif policier avait été déployé autour du palais de justice, où de nombreux journalistes étaient rassemblés.

Nicolas Sarkozy échappe donc à une mise en examen qui aurait entaché son éventuel retour dans la vie politique française. Le statut de témoin assisté est un statut intermédiaire entre le simple témoin et le mis en examen.

«C'est pour moi une victoire de la justice avant d'être la victoire d'un homme. Il n'y a pas de convocation prochaine», a déclaré Me Herzog sur RTL.

La justice française tente de savoir si la campagne présidentielle de M. Sarkozy a pu être financée de façon occulte par des fonds provenant de la famille Bettencourt. Expertise médicale à l'appui, la justice considère que Mme Bettencourt n'a plus toute sa lucidité depuis l'automne 2006.

L'enquête a démontré que l'ancien gestionnaire de fortune de la famille Bettencourt, Patrice de Maistre, mis en examen dans ce dossier, a fait rapatrier quatre millions d'euros en espèces d'un compte suisse appartenant aux Bettencourt entre 2007 et 2009.

Selon les enquêteurs, une partie de cet argent aurait ensuite pu être remise à Éric Woerth, alors trésorier de l'Association de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. M. Woerth, ancien ministre du Travail, a été mis en examen pour «recel d'abus de faiblesse» dans ce dossier, mais il réfute tout financement occulte.

M. Sarkozy nie s'être rendu à plusieurs reprises au domicile des Bettencourt à Neuilly-sur-Seine, une ville dont il était maire. Mais il reconnaît, agenda à l'appui, s'y être rendu le 24 février 2007.

PLUS:pc