NOUVELLES

Manifestations rivales au Caire après l'annonce de pouvoirs élargis à Morsi

22/11/2012 04:11 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Des centaines de personnes ont manifesté jeudi soir au Caire pour apporter leur soutien au président égyptien Mohamed Morsi qui s'est octroyé de larges pouvoirs, au moment où un rassemblement rival se tenait à proximité pour dénoncer "le nouveau dictateur".

Dans le centre-ville de la capitale égyptienne, des centaines de manifestants ont crié leur appui à M. Morsi, ancien haut responsable des Frères musulmans élu président en juin.

"(Sa) décision va permettre de rendre justice aux martyrs et de contraindre les corrompus à rendre des comptes", s'est félicité l'un d'eux, Mahmoud Sultan.

"Je suis ici pour célébrer les décisions du président", a renchéri Mahmoud Abbas, 29 ans. "Je suis vraiment content. Ces décisions sont en faveur de la révolution", qui a fait tomber en février 2011 le régime de Hosni Moubarak.

Quelques kilomètres plus loin, des centaines de manifestants en colère étaient rassemblés pour dénoncer l'annonce du chef de l'Etat.

"Nous n'avons pas mené une révolte pour remplacer un dictateur par un autre", a fustigé Khaled Ali. "Il se prend pour Dieu".

"Justice sera rendue quand Mohamed Morsi partira", a dit Alaa Zaouïa, en portant une pancarte avec l'inscription "Mohamed Morsi Moubarak".

La décision présidentielle survient à la veille de manifestations prévues sur la place Tahrir au Caire pour réclamer justice pour les centaines de personnes tuées lors de la révolution en janvier-février 2011.

M. Morsi a décidé jeudi de renforcer considérablement ses pouvoirs, une annonce qu'il a justifiée par la "défense de la révolution" mais qui lui vaut d'être qualifié de "nouveau pharaon" par l'opposition.

"Les déclarations constitutionnelles, décisions et lois émises par le président sont définitives et ne sont pas sujettes à appel" en attendant une nouvelle Constitution, selon la déclaration présidentielle.

M. Morsi a aussi demandé "de nouvelles enquêtes et jugements" dans les affaires de meurtres de manifestants lors de la révolte. Il a en outre décidé de limoger le procureur général, Abdel Meguid Mahmoud.

Le président cumule déjà les pouvoirs exécutif et législatif -la chambre des députés a été dissoute en juin-, et entretient des relations tendues avec une grande partie de l'appareil judiciaire.

ht/jaz/tp/cco

PLUS:afp