NOUVELLES

Les rebelles syriens s'emparent d'une base militaire dans l'est du pays

22/11/2012 02:55 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

BEYROUTH - Les rebelles syriens ont consolidé leur emprise sur une province frontalière avec l'Irak, jeudi, après la prise d'une base militaire considérée comme l'un des derniers bastions des forces gouvernementales syriennes dans cette région stratégique, ont déclaré des militants de l'opposition.

La prise de la base de Mayadeen et de ses stocks d'artillerie survient après une série d'avancées dans la province de Deir el-Zour, notamment la prise d'un aéroport militaire la semaine dernière.

La province partage une frontière avec l'Irak. Les rebelles syriens bénéficient de l'appui des tribus sunnites de l'ouest de l'Irak, et de nombreux Irakiens ayant de l'expérience de combat dans leur pays auraient franchi la frontière pour combattre le régime de Bachar el-Assad en Syrie.

Des organisations de l'opposition syrienne et un combattant rebelle ont déclaré à l'Associated Press que la base de Mayadeen avait été prise tôt jeudi matin, après un siège de trois semaines. Le combattant rebelle a réclamé l'anonymat par crainte pour sa sécurité.

Des affrontements ont aussi été rapportés dans des quartiers contrôlés par les rebelles en banlieue de Damas, la capitale, et à Alep, la plus grande ville du pays, où les avions de l'armée ont endommagé l'un des hôpitaux de campagne des insurgés.

Les rebelles, qui affrontent les forces gouvernementales depuis des mois à Alep, ont marqué une importante victoire il y a quelques jours en prenant le contrôle de la base du 46e Régiment de l'armée. Cette unité était considérée comme un pilier des forces gouvernementales à Alep.

Le régime a néanmoins eu recours à sa force aérienne pour attaquer les rebelles dans la ville. Tard mercredi soir, des avions militaires ont bombardé et détruit un édifice situé tout près de l'hôpital Dar al-Shifa, tuant 15 personnes et endommageant lourdement l'un des rares centres de santé encore fonctionnels de la ville, selon des militants de l'opposition.

L'établissement, qui était autrefois une clinique privée appartenant à un homme d'affaires proche du président Bachar el-Assad, est devenu un hôpital de campagne opéré par des médecins, des infirmières et des collaborateurs bénévoles. L'hôpital soigne autant les civils que les rebelles.

L'hôpital a été visé par au moins six frappes directes au cours des derniers mois, qui ont surtout touché les étages supérieurs. L'établissement de sept étages est situé à seulement 500 mètres de la ligne de front d'un quartier lourdement bombardé chaque jour.

Les avions militaires ont complètement détruit un édifice adjacent à l'hôpital, projetant des débris dans l'établissement, d'après des militants de l'opposition.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, le raid a tué 11 rebelles, en plus d'un médecin, d'une jeune fille et de deux enfants qui se trouvaient dans la rue.

Une autre organisation de l'opposition, les Comités locaux de coordination, a confirmé le raid et précisé que le médecin tué était Mohammad Qassem Agha. Au moins 40 personnes ont été tuées dans les frappes aériennes sur Alep mercredi, selon ce groupe, qui n'était pas en mesure de fournir un bilan des victimes de la frappe près de l'hôpital.

PLUS:pc