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Les pays voisins du Mali veulent sécuriser les frontières, selon Alger

22/11/2012 10:00 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

L'Algérie, le Niger et la Mauritanie cherchent à renforcer la sécurité à leurs frontières avec le Mali sans toutefois les fermer en cas d'intervention militaire dans le nord de ce pays occupé par des groupes islamistes armés, a déclaré jeudi un ministre algérien.

"L'Algérie, de même que le Niger et la Mauritanie travaillent à renforcer la sécurité à leurs frontières. (...) Cette sécurisation ne signifie pas une fermeture automatique" des frontières, a dit le ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, au quotidien Soir d'Algérie.

Le 13 novembre, le président de la Commission de la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest), Kadré Désiré Ouedraogo, a évoqué une promesse d'Alger de "fermer ses frontières" en cas d'intervention militaire ouest-africaine au Mali.

"L'Algérie a toujours oeuvré pour dissocier les groupes touareg, porteurs de revendications légitimes, des groupes terroristes", a ajouté M. Messahel, dont le pays a été à plusieurs reprises médiateur entre Bamako et les Touareg.

"Il s'agissait d'amener (Ansar Dine) à se démarquer d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l'unicité et le Jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao)", avec lesquels il impose la loi dans le nord du Mali, selon lui.

Une délégation d'Ansar Dine est arrivée jeudi Alger, selon des journalistes en contact avec ses membres.

"S'agissant de l'application de la charia (loi islamique) revendiquée par Ansar Dine (...) la réponse sera apportée dans le cadre d'un dialogue entre Maliens", a ajouté M. Messahel.

"Quoi de plus normal pour une population musulmane à 98% que d'introduire le droit musulman dans la législation nationale ? C'est le point focal du dialogue que nous préconisons entre les populations du nord et le pouvoir central à Bamako", a renchéri le chef de diplomatie algérienne Mourad Medelci dans un entretien publié par l'hebdomadaire Jeune Afrique.

Il a estimé que la lutte anti-terroriste "doit être prise en charge par les pays directement concernés. Mais face à un phénomène d'essence mondiale, la communauté internationale doit s'impliquer en renforçant les capacités des armées nationales et en contribuant aux opérations de développement économique de cette région".

Par ailleurs, M. Medelci a affirmé que la tenue d'un sommet de l'Union du Maghreb arabe (UMA: Tunisie, Algérie, Mauritanie, Maroc, Libye) n'est pas liée à l'évolution du dossier du Sahara Occidental, une ancienne colonie espagnole contrôlée par le Maroc.

Selon lui, l'organisation d'un tel sommet "mérite une préparation minutieuse". L'Algérie soutient les indépendantistes du Front Polisario qui réclament un référendum au Sahara occidental.

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