NOUVELLES

Les habitants du sud d'Israël ne croient pas au cessez-le-feu

22/11/2012 11:23 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

"Il fallait les mettre à genoux au lieu de signer un cessez-le-feu avec ces terroristes", s'emporte Moshé Rémy, un retraité vivant à Ashkelon, une ville du sud d'Israël, exposée aux tirs de roquettes palestiniennes de Gaza depuis des années.

"Je suis convaincu que les tirs vont reprendre", ajoute cet ancien cadre financier, qui juge que les habitants du Sud "subissent le cessez-le-feu après avoir subi les tirs de roquettes depuis 12 ans".

Le vie a rapidement repris son cours dans la cité côtière, située à 20 km de Gaza, et les restaurants et cafés se remplissent à nouveau après une semaine durant laquelle Ashkelon a ressemblé à une ville fantôme. Mais les habitants ne cachent pas leur déconvenue.

"Je suis tellement déçu de cette annonce, Israël est humilié", lâche M. Rémy.

Au lendemain de l'annonce d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas au pouvoir à Gaza, après une semaine d'hostilités meurtrières, certains affichent même leur colère.

"Comment Israël a pu accepter de s'arrêter sans une victoire définitive ? J'ai honte de voir les soldats repartir sans avoir terminé leur mission. Il fallait écraser ces ordures!", martèle Michel, un chauffeur de camion, engagé par l'armée pour transporter du matériel lourd.

Les milliers de réservistes mobilisés ont commencé à se retirer de la zone frontalière de Gaza.

Alors que des dizaines de blindés s'éloignent en direction du centre du pays, des curieux postés sur le bord de la route sont amers.

"Ce cessez-le-feu ne tiendra pas, il fallait aller jusqu'au bout", commente Shlomo, 51 ans, qui estime que "sans opération militaire terrestre, il n'y aura jamais de fin aux menaces de Gaza".

Pourtant, pour le chef d'état-major israélien, le général Benny Gantz, "Israël a atteint tous les objectifs fixés avant le début de l'opération": rétablir la force de dissuasion de l'armée, détruire la capacité des lance-roquettes de Gaza, infliger un "coup sévère" au Hamas et autres groupes armés du territoire et protéger les habitants du sud d'Israël.

Interrogé sur les souhaits de la population locale qui espérait la poursuite de l'opération, le général Gantz promet que "Tsahal (l'armée israélienne) est prête à répondre à toutes les menaces venant de Gaza".

Mais pour Shlomo, "même Gantz ne croit pas un mot de ce qu'il raconte à la presse. Dans maximum deux ans, on aura le droit à un nouveau round, je n'ai aucun doute là-dessus", prédit-il.

Dans le kibboutz Mefalssim, à moins de 10 km de la frontière, le calme est aussi revenu.

"Après une semaine très éprouvante, je suis soulagée de ce cessez-le-feu", confie Odelia Elgarat, une mère de trois enfants, qui raconte avoir été "enfermée huit jours avec (s)es enfants, au milieu des alertes incessantes et des bruits d'explosion".

Assise dans son jardin, la jeune femme, qui a quitté Ashkelon l'été dernier pour ce village pastoral, se dit "partagée" comme la plupart de ses voisins.

"C'est rassurant de savoir que nos soldats vont pouvoir rentrer sains et sauf à la maison mais il faut bien mettre fin à la terreur que sème le Hamas sur la population israélienne", avoue-t-elle.

"Je suis rassurée mais à court terme seulement. Je suis inquiète pour l'avenir", poursuit cette directrice de galerie d'art.

"Finalement, je serai bien restée encore un mois dans un abri si j'avais la certitude que tout ça est vraiment terminé", concède-t-elle.

mib/agr/cco

PLUS:afp