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Les Gérard de la télévision déboulonnent les stars du petit écran

22/11/2012 03:29 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

PARIS - Chaînes historiques, service public, chaînes cryptées ou TNT: personne ne sera épargné... Plus poil à gratter que jamais, politiquement incorrect mais visant souvent juste, la cérémonie des Gérard de la télévision risque de froisser quelques égos le 17 décembre à Bobino et en direct sur la chaîne Paris-Première.

Avec ces intitulés de catégories à rallonge qui ravissent les amateurs d'humour potache, les Gérard ont déjà par le passé indisposé quelques récipiendaires et bien peu des lauréats des six premières éditions sont venus chercher sur scène leur trophée, un lourd parpaing doré.

La cérémonie rappelle à plusieurs égards le Gala des Aurore que fait depuis quelques années Jean-René Dufort, alias Infoman, pour l'industrie québécoise du cinéma, ou encore les Razzies, qui sont remis annuellement aux stars d'Hollywood qui se distinguent pour les mauvaises raisons, peu avant la prestigieuse cérémonie des Oscar.

«Les catégories sont le fruit de nos trois cerveaux», explique à Sipa Fredéric Royer, à l'origine des Gérard avec ses acolytes Stéphane Rose et Arnaud Demanche.

Les idées de catégories, renouvelées chaque année, «nous viennent de toutes les manières possibles: seul devant son petit-déjeuner, ensemble en réunion», poursuit le journaliste connu pour son humour plutôt froid qui fait trembler les vedettes les plus aguerries du petit écran, jamais très fières de figurer dans les dites catégories et ainsi brocardées. Surtout, jamais heureuses de voir leur image bien lisse qu'elles ont parfois mis des années à peaufiner auprès du grand public, exploser en vol...

Au reste, les catégories et leur intitulé «passent par le service juridique de la chaîne, qui heureusement ne nous casse pas trop les pieds», reconnaît Frédéric Royer en soulignant qu'«à part un ou deux détails, tout passe tel qu'on l'a imaginé». Une liberté d'action et d'expression que leur permet Paris-Première et dont se félicitent les trois compères.

Bien-pensance boboïsante

Le jury de journalistes votant, des professionnels des médias, pourront cette année s'en donner à coeur joie. Outre les éternelles bêtes noires des trois trublions, comme Faustine Bollaert, Laurence Ferrari ou Évelyne Thomas, de nouvelles cibles font leur apparitions à commencer par celles qui incarnent pour eux la bien-pensance boboïsante, un véritable repoussoir pour les patrons des Gérard.

Mouloud Achour et Audrey Pulvar en tête, sans compter les animateurs populaires qui n'ont pas non plus le vent en poupe: Cauet, Patrick Sébastien, Lagaf ou Nagui en tête.

À se demander qui peut bien trouver grâce aux yeux des Gérard. En y regardant de plus près, certainement pas les émissions «que tu regardes pour te taper une branlette intellectuelle», comme l'indique la catégorie du même nom. Ni les programmes courts, à en croire la rubrique du «programme court qui ne l'est pas encore assez». Pas plus que les émissions «de bonnes femmes qui donnent leur opinion» qui déboulonnent les talk-shows de journée. Les féministes apprécieront.

Nos chers disparus

Les Gérard poursuivent leur laminage en règle s'agissant des échecs télévisuels avec la catégorie des «accidents industriels» et ont la main leste sur les animateurs qui, une fois sortis par la porte, tentent de revenir par la fenêtre.

Dans cette rubrique, Christophe Hondelatte, Guillaume Durand, Marc-Olivier Fogiel, PPDA, le duo Bataille/Fontaine et Karl Zéro y quémandent un programme avec l'accent habituellement attribué aux mendiants roms dans les rues de Paris.

Encore moins de bon goût mais pas illégal en France, le «Gérard de la personnalité à qui on aurait bien aimé remettre un Gérard, mais voilà, trop tard», dans laquelle figurent nos chers disparus du PAF de l'année écoulée: Jean-Luc Delarue, Michel Polac, Thierry Roland, Jacques Antoine et Mouss Diouf.

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