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Les députés européens renforcent la protection des requins

22/11/2012 11:03 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

STRASBOURG, France - Les députés européens ont voté jeudi en faveur d'une législation obligeant les navires de pêche à débarquer les requins avec leurs ailerons naturellement attachés. L'objectif est de mettre fin à la découpe des ailerons de requins à bord des navires (pratique du 'finning') et au risque de rejet des requins ainsi amputés.

La règlementation actuelle, qui date de 2003, permettait aux pays de l'Union européenne d'accorder des dérogations à leurs flottilles qui, pour des raisons d'encombrement, demandaient à pouvoir découper les ailerons à bord. Ailerons et carcasses étaient ensuite débarqués séparément, dans des ports différents, rendant impossible tout contrôle. Une pratique dénoncée par les scientifiques et les organisations de protection de l'environnement, de plus en plus de populations de requins étant fragilisées par une pêche ciblée ou accidentelle.

La proposition de la Commission européenne adoptée ce jeudi au Parlement, avec 566 voix pour et 47 contre, oblige sans exception le débarquement des requins «avec leurs ailerons et nageoires naturellement attachés». La base peut être partiellement découpée pour replier l'aileron.

L'Espagne réalise 50 pour cent des captures européennes, évaluées à environ 100 000 tonnes par an, et se classe troisième au niveau mondial derrière l'Indonésie et l'Inde. L'UE est l'un des principaux exportateurs d'ailerons de requins, qui transitent principalement par le port espagnol de Vigo. «Près de 30 pour cent des ailerons commercialisés à Hong Kong proviennent de Vigo», déclare à Sipa Sandrine Polti, conseillère de la Skark Alliance. Cette coalition internationale de 130 organisations pour la défense des requins se félicite du vote des députés européens.

Les espèces les plus pêchées sont le requin peau bleu et le requin mako (ou requin taupe-bleu), classées par l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) comme des espèces vulnérables ou quasi menacées. La valeur marchande élevée des ailerons de requins, entre 15 et 70 euros le kilogramme selon les sources européennes, plusieurs centaines selon certaines associations, incite à découper les ailerons et à se débarrasser de la carcasse. Les Asiatiques sont friands de la soupe aux ailerons de requins.

«Il n'y a aucun plan de gestion des pêches pour les espèces de requins commerciales, ni quotas ni interdiction temporaire», déplore Bernard Seret, chercheur au Muséum national d'histoire de Paris et à l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

La proposition adoptée jeudi par le Parlement doit être validée par le conseil des ministres de la pêche, qui s'est déjà prononcé en faveur de ce texte en mars. La nouvelle règlementation devrait entrer en vigueur au début de l'année 2013.

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