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Les attaques de nomades entravent le retour des déplacés du Darfour (ONU)

22/11/2012 03:07 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Les attaques des nomades et l'insuffisance des services de base entravent le retour de près de 1,7 million de personnes ayant fui les violences au Darfour dans l'ouest du Soudan, a affirmé jeudi à l'AFP un rapporteur spécial de l'ONU, Chaloka Beyani.

M. Beyani, qui vient de terminer une mission de neuf jours au Soudan, s'est enquis de la situation des droits des déplacés par les guerres dans le pays.

Selon lui, les attaques sporadiques menées par des groupes nomades contre le bétail et les cultures agricoles sont un obstacle au retour des déplacés. "C'est un grand problème (...), nous avons besoin d'un système qui promeut la co-existence entre (les déplacés) et, évidemment, les nomades".

Un autre obstacle est le manque d'eau et des installations sanitaires.

"Certains des services qu'ils ont dans un camp, aussi mauvais soient-ils, restent meilleurs que ceux qu'ils avaient dans leur lieu d'origine", a ajouté M. Beyani, un professeur de droit international à la London School of Economics (LSE).

Dans un communiqué, il a précisé que l'accord de paix signé en 2011 par le gouvernement et des groupes rebelles du Darfour contenait "des dispositions essentielles pour la mise en place de solutions durables" pour les déplacés.

Mais l'exécution de l'accord -rejeté par d'importants mouvements rebelles- est très lente, a affirmé en octobre la mission conjointe de l'Union Africaine et de l'ONU au Darfour (Minuad) en exprimant son inquiétude au sujet de nouvelles flambées de violences dans certains secteurs de la région.

Durant sa visite, M. Beyani a rencontré plusieurs Sud-Soudanais qui font partie des quelques 30.000 à 40.000 personnes qui campent autour de Khartoum, en attendant de pouvoir regagner leur pays devenu indépendant en juillet 2011.

Au moins 300.000 personnes ont été tuées et 1,8 million déplacées au Darfour depuis le début en 2003 de la guerre entre rebelles et forces gouvernementales soutenues par des milices locales arabes, selon une estimation de l'ONU. Khartoum évoque le chiffre de 10.000 morts.

Les violences ont depuis diminué, mais des heurts entre rebelles et gouvernement ou entre tribus se poursuivent, ainsi que des violences liées au banditisme.

it/tg/tp

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