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Le Soudan dit avoir déjoué un complot de l'opposition contre la sécurité

22/11/2012 04:28 EST | Actualisé 21/01/2013 05:12 EST

Les services de renseignement soudanais ont annoncé jeudi avoir déjoué "un complot" contre la sécurité du pays, parlant de l'implication de membres de l'armée et de l'opposition qui a démenti ces allégations.

Dans la nuit, un témoin a indiqué à l'AFP avoir vu des chars et des véhicules de transport de troupes circulant dans la capitale.

"Les services de sécurité et du renseignement ont déjoué tôt jeudi matin un complot visant la sécurité" de l'Etat, a déclaré le Centre des médias soudanais, proche de l'appareil de sécurité, citant une source non identifiée.

"Ce complot est dirigé par des responsables de partis d'opposition", a-t-il ajouté.

Selon la source citée par le Centre, les autorités enquêtent sur l'implication de personnel militaire et civil, sans fournir davantage de détails.

Mais un porte-parole de la coalition des partis de l'opposition, Farouk Abou Issa, a rejeté tout lien avec cette affaire.

"Nous avons eu écho de cela et je pense que c'est faux. Nous sommes pour un changement démocratique et pacifique du pouvoir", a travers les grèves et les manifestations pour faire tomber le régime islamiste du président Omar el-Béchir qui dirige le pays depuis 23 ans, a dit Abou Issa à l'AFP.

"Le gouvernement sait bien cela", a dit cet opposant.

Omar el-Béchir a pris le pouvoir lors d'un coup d'état militaire en 1989, renversant un gouvernement élu démocratiquement, pour le remplacer par un régime islamiste.

Il est depuis 2009 sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, une région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile depuis 2003.

"Beaucoup de monde se dit que, 23 ans, c'est trop, et s'interroge sur la différence entre Béchir, Moubarak et Assad", a déclaré un analyste soudanais sous le couvert de l'anonymat en référence à l'ancien président égyptien Hosni Moubarak, chassé du pouvoir en février 2011 sous la pression de la rue, et Bachar al-Assad, le président syrien confronté à une contestation populaire depuis mars 2011.

"Vers 02h00 (23h00 GMT) alors que je me trouvais sur l'avenue Obeid Khatim, j'ai vu des chars et des blindés transportant des militaires et de l'équipement venant du sud et se rendant dans le centre", a indiqué le témoin sous couvert de l'anonymat.

L'avenue Obeid Khatim est un grand axe reliant les aéroports militaire et civil de Khartoum aux bâtiments du gouvernement dans le centre-ville.

Jeudi matin, il n'y avait aucun signe de mobilisation militaire dans la capitale.

L'annonce du complot déjoué intervient quelques heures après que l'armée eut confirmé mercredi une attaque aérienne près de Samaha, une région frontalière disputée avec le Soudan du Sud où des rebelles du Darfour ont installé un campement.

Juba a de son côté déclaré que son voisin du nord avait bombardé un marché sur son territoire, sans en préciser l'emplacement exact.

Samaha, une des cinq régions que se disputent le Soudan et le Soudan du Sud, est considérée par Khartoum comme partie intégrante de l'Etat du Darfour (ouest).

Les deux Etats voisins n'ont pas réussi à régler leurs différends au sujet de ces régions, malgré la médiation de l'Union africaine (UA) qui a conduit à la signature en septembre d'accords de sécurité prévoyant une zone tampon démilitarisée à leur frontière.

Khartoum et Juba n'ont pas été capables de se mettre d'accord sur les mesures pratiques à mettre en oeuvre pour appliquer ces accords, a indiqué l'UA le 10 novembre.

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