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Gaza: le cessez-le-feu respecté, Israël promet de riposter à toute attaque

22/11/2012 05:54 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Le cessez-le-feu entre Israël et le Hamas à Gaza, entré en vigueur mercredi soir après une semaine d'hostilités meurtrières, était respecté jeudi mais Israël a prévenu qu'il riposterait à toute attaque.

Le cessez-le-feu "peut durer neuf jours, neuf semaines ou plus, mais s'il ne tient pas nous saurons quoi faire, et nous considérons évidemment alors la possibilité de reprendre nos activités (militaires) en cas de tirs ou de provocations", a prévenu le ministre de la Défense Ehud Barak à la radio.

A Gaza, le calme s'est réinstallé après une nuit sans frappes israéliennes ni tirs de roquettes.

Seuls les cris et tirs de joie et les chants de "Allah akbar (Dieu est grand)" de plusieurs milliers de Gazaouis descendus dans les rues pour célébrer la "victoire" du Hamas, au pouvoir dans l'enclave palestinienne, ont déchiré la nuit.

Et, signe tangible d'un début de retour à la normale, dans la matinée, les voitures ont repris leurs droits par milliers à travers les ornière gazaouies. Embouteillages et concerts de klaxons ont remplacé le vacarme des raids aériens.

Au terme d'une semaine sanglante, 163 Palestiniens ont été tués et 1.235 autre blessés au cours de l'opération israélienne "Pilier de défense", lancée le 14 novembre avec l'élimination du chef militaire du Hamas Ahmed Jaabari.

Cinq Israéliens, dont un soldat, ont péri lorsqu'un millier de projectiles se sont abattus sur le sud d'Israël.

En Cisjordanie, agitée ces derniers jours par des manifestations de solidarité avec la bande de Gaza, l'armée israélienne a annoncé l'arrestation de 55 activistes palestiniens pour "activités terroristes" afin d'y "rétablir le calme".

En Israël, la classe politique s'est, elle, rapidement tournée vers les élections du 22 janvier au lendemain d'un cessez-le-feu qui laisse un goût amer à beaucoup d'Israéliens.

Si elle a fait bloc derrière le Premier ministre Benjamin Netanyahu dès le début de l'opération "Pilier de défense", l'opposition a ouvert les hostilités dès l'accord conclu avec le Hamas. Les objectifs fixés, raille-t-elle, n'ont pas été atteints.

Le calendrier électoral s'accélère dès dimanche avec les primaires pour désigner les candidats à la députation du Likoud, le parti de droite de "Bibi" Netanyahu. La semaine prochaine, ce sera au tour du Parti travailliste (centre-gauche) de choisir ses candidats.

"La sécurité des habitants du sud d'Israël n'a pas été rétablie, ni notre force de dissuasion", a déploré le chef du parti centriste Kadima Shaoul Mofaz.

Selon cet ancien chef d'état-major et ancien ministre de la Défense, "le cessez-le-feu est une erreur. Ce n'est pas ainsi que l'on mène une guerre contre le terrorisme".

La dirigeante travailliste Shelly Yacimovich a fait part de ses doutes: "J'espère que cette opération constituera un succès stratégique pour Israël, mais je n'en suis pas certaine".

Le ministre de la Défense Ehud Barak a répondu qu'une offensive terrestre --brandie par le gouvernement-- "aurait pu créer une situation où nous aurions dû rester des années dans la bande de Gaza".

Selon M. Barak, il est impossible de renverser le Hamas au pouvoir à Gaza sans qu'Israël ne réoccupe totalement le territoire. "Je ne suis pas certain que cela soit la chose la plus intelligente à faire", a-t-il reconnu.

Mais la radio militaire israélienne a pris un malin plaisir à rediffuser des déclarations de Benjamin Netanyahu début 2009. Alors dans l'opposition, il avait vertement critiqué le gouvernement d'Ehud Olmert après la dévastatrice opération "Plomb durci" à Gaza qui avait fait plus de 1.400 morts palestiniens.

Cette semaine, le Premier ministre a finalement abandonné l'idée d'une opération terrestre de grande envergure.

Les médias israéliens n'étaient d'ailleurs guère triomphalistes jeudi.

"Pas mal de succès, mais aussi pas mal d'interrogations", a souligné le commentateur militaire Yoav Limor. Selon lui, "le seul intérêt que partagent Israël et le Hamas c'est le souhait d'une trêve, mais ils comprennent que le compte à rebours pour la prochaine épreuve de force a déjà commencé".

Dans le quotidien Maariv, le commentateur Mazal Mualem, a estimé que le "véritable effet de l'opération sera testé aux élections. Si le calme revient durant les deux mois qui restent avant les élections, Netanyahu et (Avigdor) Lieberman (le ministre des Affaires étrangères) seront les grands vainqueurs".

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