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Gaza célèbre la "victoire" et le retour à la normale

22/11/2012 07:47 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Le raffut ébouriffant des klaxons a remplacé le fracas des raids israéliens et les rues, désertes depuis huit jours, se sont remplies. Au lendemain du cessez-le-feu, la vie reprenait ses droits à Gaza jeudi, décrété jour férié pour célébrer la "victoire".

Brandissant les drapeaux vert du Hamas, mais aussi jaunes du Fatah, le frère ennemi, les Gazaouis ont envahi les rues de la ville, sous un ciel couvert.

La trêve conclue entre le groupe palestinien, au pouvoir dans cette étroite bande de terre, et Israël prenait corps dans la matinée et l'atmosphère tenait de la kermesse improvisée.

"Allez, on bouge! Allez, allez, allez!", lance un policier du Hamas, qui tente en vain de mettre un peu d'ordre dans les embouteillages, revenus sitôt la trêve annoncée.

La veille encore, les tirs de roquette sur Israël succédaient aux raids israéliens, qui ont tué plus de 160 personnes.

Pour fêter la "victoire", le gouvernement du Hamas à Gaza a décrété jeudi jour férié. Par communiqué, les autorités ont "invité tous les citoyens à fêter cet événement et à rendre visite aux familles des martyrs et aux blessés".

Dans un quartier de la ville de Gaza, les brigades des martyrs d'Al-Aqsa, groupe armé issu du Fatah, et le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP, gauche nationaliste) ont même organisé un grand rassemblement.

Le Hamas tenait sa propre manifestation, à laquelle plusieurs milliers de personnes ont accouru. Scène inhabituelle: les drapeaux verts du Hamas côtoyaient ceux, jaunes, du Fatah.

A l'arrière d'un touk-touk s'entassent cinq ou six jeunes hilares, brandissant des portraits du défunt dirigeant palestinien Yasser Arafat, symbole de l'unité perdue.

Dans un sourire, Youssef Jedidah, 60 ans, se déclare "heureux de voir le peuple palestinien se rassembler. Je pense que c'est la conséquence la plus admirable de cette terrible guerre".

Le chef du gouvernement du Hamas Ismaïl Haniyeh, qui s'est dit "satisfait" de la trêve et "fier de notre peuple et de sa résistance" devait faire un discours aux alentours de 12H00 GMT.

Plus prosaïquement, les habitants ont repris le chemin des magasins, dont les propriétaires avaient baissé le rideau pendant la semaine écoulée.

"Aujourd'hui est le premier jour où on travaille normalement. J'ai ouvert mon magasin tôt ce matin", explique Abou Nasser al-Khatib, propriétaire d'une épicerie. Les gens veulent vivre et aspirent à une vie sans bombes ni problèmes".

Symptôme de ce retour à la normale: aux distributeurs de billets les files d'attente grossissent à vue d'oeil

Les employés des services électriques se sont déployés dans les rues, pour réparer un réseau mis à mal par les bombardements.

"Tout va très bien aujourd'hui, nous sommes retournés au travail", se félicite Hani Hamadeh, vendeur de légumes au marché central de Gaza. "Il y a beaucoup de clients, les gens sortent pour la première fois après huit jours de guerre, ils viennent faire leurs courses".

Les écoles publiques doivent, elles, rouvrir leurs portes samedi, après une coupure d'une semaine durant laquelle les enfants de Gaza sont restés terrés chez eux, avec la crainte permanente d'être touchés par les raids.

Mais en ce jour festif, beaucoup ont trouvé le moyen de se faire offrir, qui une glace, qui un jouet, par leurs parents.

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