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Combats entre islamistes et kurdes en Syrie, à la frontière turque (ONG)

22/11/2012 11:10 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Des centaines de combattants islamistes et kurdes s'affrontaient violemment jeudi dans la ville syrienne de Rass al-Aïn, près de la frontière turque, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon des militants cités par l'OSDH, 200 jihadistes du Front Al-Nosra et une centaine d'hommes de la brigade islamiste Ghouraba al-Cham, appuyés par trois chars pris à l'armée, s'opposaient à 400 combattants kurdes dans cette cité située dans le nord-est à majorité kurde de la Syrie.

Dans une vidéo mise en ligne par des militants, Ghouraba al-Cham appelle les combattants rebelles à travers le pays à rejoindre Rass al-Aïn "pour libérer (la province) de Hassaka et le reste de la Syrie".

Dans une vidéo mise en ligne par des militants, Ghouraba al-Cham appelle les combattants rebelles à travers le pays à rejoindre Rass al-Aïn "pour libérer Hassaka et le reste de la Syrie".

"Nous appelons tous ceux qui affrontent notre révolution et pointent leurs armes contre nous, notamment le PYD, le PKK et tout autre parti armé à se retirer immédiatement de la région de Rass Al-Aïn", lance un homme sur la vidéo.

"S'ils ne le font pas, la rébellion se réserve le droit de recourir à la force", prévient-il encore, au milieu d'une cinquantaine de rebelles en armes devant un char.

Al-Nosra et Ghouraba al-Cham, deux importants groupes islamistes radicaux, combattent aux côtés des rebelles contre les troupes du régime syrien, sans toutefois reconnaître l'opposition politique ni l'Armée syrienne libre (ASL), principale faction de la rébellion armée.

Les rebelles accusent les combattants du Comité de protection du peuple kurde (YPG) de faire le jeu du régime syrien. L'YPG est le bras armé du Parti de l'Union démocratique kurde (PYD), la branche syrienne du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK, rebelles kurdes de Turquie).

Plusieurs localités du nord-est syrien sont récemment tombées aux mains des Kurdes, l'armée s'en retirant sans résistance.

Un résident se présentant sous le nom d'Abou Mohammed a affirmé à l'AFP que "la plupart des habitants ont fui, et le peu qui reste vit dans l'insécurité et dans de mauvaises conditions, car à cause des combats, l'eau et l'électricité sont coupées en permanence".

Lundi, des combats similaires avaient fait 34 morts, dont 29 combattants islamistes et un chef de l'administration locale kurde, selon l'OSDH.

Les combattants kurdes tiennent le nord et l'est de Rass Al-Aïn, tandis que les rebelles tiennent le sud et l'ouest ainsi que le poste-frontière du même non vers la Turquie. La localité est désertée par ses habitants.

Le nord et le nord-est de la Syrie abritent la plupart des deux millions de Kurdes du pays, dont les milices indépendantes sont parfois hostiles à la rébellion.

Par le passé, Ankara avait accusé le pouvoir à Damas d'avoir "confié" plusieurs zones du nord de la Syrie au PYD et considéré l'installation de ce parti près de la frontière comme "dirigée contre" elle.

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire devenue conflit armé face à la répression sanglante du régime. Les violences ont fait en 20 mois plus de 40.000 morts, selon l'OSDH.

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