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Chypre, qui a besoin de 17 mds d'euros, a conclu un accord avec la troïka

22/11/2012 03:45 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Chypre, qui a besoin d'une aide de 17 milliards de dollars pour soutenir son économie et ses banques durement affectées par la crise en Grèce, a annoncé jeudi être parvenue à un accord avec la troïka (UE, BCE et FMI) après des mois de négociations.

"Une conclusion positive aux négociations entre la troïka et le gouvernement a été trouvée vers 20H00" (18H00 GMT), a indiqué l'agence nationale chypriote CNA, quelques heures après l'annonce par le président chypriote Demetris Christofias d'un accord "très proche".

Aucun détail sur le contenu de cet accord n'a été communiqué par CNA.

Une annonce formelle est attendue plus tard dans la soirée, a indiqué la télévision publique. Mais des responsables n'ont pas pu confirmer quand elle aurait lieu.

Pour la première fois jeudi, le ministre des Finances Vassos Shiarly a fait état du montant des besoins financiers du pays en récession depuis six trimestres: "quelque 17 milliards d'euros", soit un montant quasi équivalent à son produit intérieur brut (PIB).

Il a précisé à la presse que cette évaluation incluait 10 milliards d'aide aux banques. Ce chiffre n'est pour le moment qu'une estimation, une étude indépendante sur leurs besoins précis étant en cours.

De plus, les experts estiment que le pays, dont les notes de la dette ont été dégradées au rang spéculatif par les agences de notation, a besoin de 6 milliards pour sa dette d'Etat arrivant à échéance et de 1,5 milliard pour ses finances publiques.

Avec cet accord, Chypre devient le cinquième pays de la zone euro (sur 17) à être placé sous assistance financière après la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.

Plombée par ses liens avec l'économie grecque, Chypre a demandé une aide en juin et les négociations sur un programme d'austérité avec l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont débuté en juillet.

Les négociations ont été les plus longues que ces organisations aient eues à mener, essentiellement parce que Chypre jugeait que le plan de sauvetage proposé imposait des mesures d'austérité trop lourdes pour une économie déjà en récession.

La troïka, dont des représentants sont présents sur l'île depuis le 9 novembre, a demandé à Nicosie de réduire les salaires des fonctionnaires de 15%, les prestations sociales de 10%, de diminuer l'aide au logement et les subventions, et d'augmenter la TVA, selon une formule composée à 80% de réductions des dépenses publiques et à 20% de hausses d'impôts.

Jeudi, dans sa première déclaration sur ce sujet depuis le 9 novembre, M. Christofias s'est montré optimiste: "Après de rudes négociations avec la troïka, et en gardant à l'esprit les circonstances difficiles que ce pays traverse, nous sommes très proches de signer un mémorandum avec la troïka".

Selon M. Shiarly, les dernières questions qui restaient à régler étaient celle de la privatisation de l'autorité des télécommunications, de la gestion des revenus tirés de la future production de gaz naturel et de l'indexation des salaires.

Il avait expliqué qu'un mémorandum devrait être prêt pour la réunion de l'Eurogroupe du 3 décembre, mais que Chypre devrait ensuite encore attendre plusieurs semaines avant de voir la première tranche d'aide débloquée.

Selon CNA, le gouverneur de la Banque centrale Panicos Demetriades a joué un "rôle clé" dans la conclusion de l'accord.

L'économie chypriote devrait être la seule des 27 de l'Union européenne à enregistrer une récession en 2014, au moment où tous ses partenaires européens auront renoué avec la croissance, selon les prévisions d'automne de la Commission européenne.

D'après les chiffres présentés jeudi au Parlement dans le cadre du budget 2013, son PIB devrait reculer de 2,4% cette année, de 3,5% en 2013, puis de 1,3% en 2014, alors que le chômage devrait atteindre les taux records de 13,8% en 2013 et de 14,2% en 2014, contre 7,9% en 2011.

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