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Chypre, proche d'un accord avec la troïka, a besoin de 17 mds d'euros

22/11/2012 12:37 EST | Actualisé 22/01/2013 05:12 EST

Chypre, durement affectée par les retombées de la crise en Grèce, a annoncé jeudi avoir besoin d'une aide de 17 milliards d'euros, l'équivalent de son PIB, précisant être "très proche" d'un accord avec la troïka.

Pour la première fois, le ministre chypriote des Finances Vassos Shiarly a fait état du montant des besoins financiers du pays en récession depuis six trimestres: "quelque 17 milliards d'euros".

Il a précisé à la presse que cette évaluation incluait 10 milliards d'aide aux banques, un chiffre qui n'est pour le moment qu'une estimation, une étude indépendante sur leurs besoins précis étant en cours.

Outre ces 10 milliards, les experts estiment que le pays, dont les notes de la dette ont été dégradées au rang spéculatif par les agences de notation, a besoin de 6 milliards pour sa dette d'Etat arrivant à échéance et d'1,5 milliard pour ses finances publiques.

Au total, un montant quasi équivalent à son produit intérieur brut, qui devrait atteindre 17,85 milliards d'euros en 2012.

Plombée par ses liens avec l'économie grecque, Chypre a demandé une aide en juin et les négociations sur un programme d'austérité avec l'Union européenne, la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont débuté en juillet.

Il s'agit des plus longues que ces organisations aient eues à mener, essentiellement parce que Chypre juge que le plan de sauvetage proposé impose des mesures d'austérité trop lourdes pour une économie en récession.

La troïka, dont des représentants sont présents sur l'île depuis le 9 novembre, a demandé à Nicosie de réduire les salaires des fonctionnaires de 15%, les prestations sociales de 10%, de diminuer l'aide au logement et les subventions, et d'augmenter la TVA, selon une formule composée à 80% de réductions des dépenses publiques et à 20% de hausses d'impôts.

Dans sa première déclaration sur ce sujet depuis le 9 novembre, le président Demetris Christofias a tenté jeudi de rassurer ceux qui craignent que les représentants de la troïka ne quittent le pays sans accord.

"Après de rudes négociations avec la troïka, et en gardant à l'esprit les circonstances difficiles que ce pays traverse, nous sommes très proches de signer un memorandum avec la troïka", a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Vu les questions restantes, qui sont très restreintes, il est possible que nous surmontions ces différences très prochainement", a insisté M. Christofias, tandis que M. Shiarly évoquait un "accord final très bientôt".

Restent à régler, selon le ministre, la question de la privatisation de l'autorité des télécommunications, celle de la gestion des revenus tirés de la future production de gaz naturel et le sujet de l'indexation des salaires.

Il a expliqué qu'un mémorandum devrait être prêt pour la réunion de l'Eurogroupe du 3 décembre, mais que Chypre devra ensuite encore attendre plusieurs semaines avant de voir la première tranche d'aide débloquée.

Si une aide lui était accordée, le pays deviendrait le cinquième de la zone euro (sur 17) à être placé sous assistance financière après la Grèce, l'Irlande, le Portugal et l'Espagne.

L'économie chypriote devrait être la seule des 27 de l'Union européenne à enregistrer une récession en 2014, au moment où tous ses partenaires européens auront renoué avec la croissance, selon les prévisions d'automne de la Commission européenne.

Son PIB devrait ainsi reculer pendant trois années consécutives (-2,3% en 2012, -1,7% en 2013, -0,7% en 2014), la consommation devrait se contracter durablement et le taux de chômage presque doubler, à 14% en 2014 contre 7,9% en 2011.

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