QUÉBEC - Les libéraux n'empêcheront pas l'adoption du budget du ministre des Finances Nicolas Marceau, même s'ils ont l'intention de voter contre.

Le chef intérimaire Jean-Marc Fournier a déclaré mardi qu'il serait irresponsable de plonger le Québec dans une campagne électorale, si peu de temps après l'élection.

Lors d'un point de presse, M. Fournier a affirmé que la position de son caucus n'a rien à voir avec le fait que le Parti libéral du Québec (PLQ), sans chef permanent, serait en position de faiblesse en cas d'élection.

«Le budget est mauvais, le budget nous déçoit, mais dans les 100 premiers jours après une élection, voter contre en entraînant une autre élection au coût de 100 millions $ nous semble irresponsable et abusif», a-t-il dit.

Plus tôt, la Coalition avenir Québec (CAQ) avait déjà affirmé que ses 19 députés voteront contre le budget du gouvernement péquiste, plaçant sur les épaules des libéraux le fardeau de son adoption ou d'un déclenchement d'élections.

M. Fournier n'a pas voulu dire si certains de ses députés seront absents lors du vote sur le budget, se limitant à préciser que leur opposition sera entendue.

«Nous allons le faire d'une manière qui n'entraîne pas la chute du gouvernement», a-t-il dit.

Excluant toute coalition avec la CAQ pour gouverner en cas de renversement du Parti québécois, les libéraux placent cependant le gouvernement péquiste minoritaire sous surveillance et menacent de le soumettre à un vote de confiance.

«À défaut de viser la croissance économique et de protéger les services publics, un vote de confiance sera appelé contre ce gouvernement. Nous allons le garder à l'oeil», a-t-il dit.

Plus tôt, le porte-parole libéral en matière de finances, le député Raymond Bachand, avait aussi estimé qu'il est irresponsable de couper 7,5 milliards $ sur cinq ans dans les dépenses pour les infrastructures.

Les libéraux soutiennent que le gouvernement Marois a voulu cacher des mauvaises nouvelles pour les Québécois en s'abstenant de dévoiler les détails des crédits budgétaires, sur les projets d'infrastructures qui devront être abandonnés ainsi que sur une révision annoncée du programme d'assurance-médicaments.

Mardi après-midi, le chef caquiste François Legault a déploré les fausses représentations de Pauline Marois en campagne électorale concernant notamment l'abolition de la taxe santé pour la classe moyenne, qui continuera d'être défrayée par les contribuables dont le salaire annuel est de 42 000 $ et plus.

La CAQ estime aussi que le gouvernement a recours à une astuce comptable pour atteindre le déficit zéro en 2013-2014, et n'a pas de plan «audacieux et crédible» pour relancer l’économie québécoise.

M. Legault a aussi tenu des propos durs à l'endroit des libéraux et de M. Bachand, aussi candidat à la direction du PLQ, en affirmant qu'il était hors de question que la CAQ forme une coalition avec les libéraux pour ainsi ravir le pouvoir au PQ.

«Ce que j'ai compris de M. Bachand, c'est qu'il était prêt à accepter l'huile de foie de morue», a-t-il dit à propos de la possibilité que les libéraux ne fassent pas tomber le gouvernement.

«Il n'est pas question de coalition avec le Parti libéral, a ajouté M. Legault. (...) Nous, on ne souhaite pas danser avec quelqu'un qui a les mains sales. (...) Je n'irai pas m'associer avec ce genre de personne.»

M. Fournier a affirmé que M. Legault est irresponsable en ne craignant pas de replonger le Québec en élection avec ses positions sur le budget, ce qui rend une association difficile.

«Le caucus n'a pas beaucoup le goût de se coaliser avec quelqu'un qui est aussi irresponsable que la personne qui est le chef de la CAQ, a-t-il dit. C'est un parti qui s'appelle coalition, dont j'ai entendu le chef dire qu'il est contre les coalitions, alors honnêtement, côté paradoxe, difficile à battre et la question reste totalement hypothétique.»

Quant à Québec solidaire, sa porte-parole, Françoise David, a dit qu'il sera «très difficile» pour son parti d'appuyer le budget Marceau, estimant qu'il ne tient pas suffisamment compte des démunis.

«C'est le budget des espoirs déçus. Un budget à la sauce caquiste et libérale», a dit Mme David.


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