Lors d'une première sortie officielle depuis sa démission, l'ancien chef de la CIA David Petraeus a expliqué devant le Congrès américain qu'il était au courant que des proches d'Al-Qaïda étaient derrière que l'attaque du consulat de Benghazi, en Libye.

L'ancien général 5 étoiles du Pentagone, qui a quitté son poste le 9 novembre en raison d'une relation extraconjugale avec sa biographe Paula Broadwell, a témoigné à huis clos vendredi matin devant la Commission du renseignement de la Chambre des représentants. Il devait être entendu par le Sénat dans un deuxième temps.

Survenue le 11 septembre dernier, l'attaque contre les deux complexes diplomatiques de Benghazi a coûté la vie à l'ambassadeur des États-Unis en Libye, Chris Stevens, ainsi qu'à trois autres Américains.

Les républicains ont vertement critiqué la façon dont l'administration Obama a géré l'événement, le sénateur McCain estimant qu'elle s'est rendue coupable soit d'« incompétence colossale » soit d'une « entreprise de dissimulation ».

Selon le représentant républicain Peter King qui a assisté au témoignage, le général Petraeus a expliqué qu'il lui est vite apparu que des miliciens islamistes étaient impliqués dans l'attentat.

« Il a dit qu'il y avait des rapports de renseignement [différents], mais qu'il avait toujours pensé qu'il y avait une implication terroriste importante », a indiqué M. King. « Et je ne me souviens pas qu'il ait dit cela le 14 septembre », a-t-il poursuivi, faisant référence à une allocution prononcée par M. Patraeus devant des parlementaires.

Toujours selon Peter King, l'ancien chef de la CIA a répondu aux questions des élus pendant plus d'une heure après avoir lu une déclaration. Il a été « très professionnel, très au fait, très fort et a dit regretter le scandale sexuel qui a entraîné sa démission, a affirmé le représentant de New York.

Les échanges semblent surtout avoir tourné autour du moment où les responsables américains ont appris que des terroristes étaient derrière l'attaque et ont écarté la thèse de la manifestation contre la diffusion sur Internet d'une vidéo islamophobe.

Cette thèse avait été reprise à la télévision par l'ambassadrice aux Nations unies, Susan Rice, cinq jours après les événements. L'administration a depuis reconnu qu'elle était erronée.

De nombreux élus républicains accusent à mot couvert le président Barack Obama d'avoir tenté de cacher le caractère terroriste de l'attentat pour ne pas ternir son bilan en matière de lutte contre Al-Qaïda pendant sa campagne.

Le général à la retraite, qui était encore à la tête de la CIA à l'époque, s'est rendu lui-même en Libye pour mener l'enquête. Les élus, démocrates comme républicains, avaient exigé qu'il témoigne pour évaluer la façon dont le gouvernement et la CIA ont réagi à l'attaque.

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