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Sept Palestiniens et 3 Israéliens tués au 2e jour de l'opération contre Gaza

15/11/2012 09:26 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Sept Palestiniens ont péri dans des raids aériens sur Gaza et trois Israéliens ont été tués par une roquette jeudi, au deuxième jour de l'opération militaire israélienne "Pilier de Défense" contre les groupes armés du territoire palestinien.

Dans l'après-midi, le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a assuré lors d'une conférence de presse télévisée que l'Etat hébreu allait "continuer à prendre toute action nécessaire pour défendre sa population" des roquettes de Gaza.

Au total, 15 Palestiniens ont péri, dont deux mineurs et une femme, et au moins 150 autres ont été blessés depuis le début de l'opération déclenchée mercredi après-midi avec l'assassinat du chef des opérations militaires du Hamas, Ahmad Jaabari, selon des sources médicales.

La branche armée du Hamas, les Brigades al-Qassam, a précisé que cinq de ses membres figuraient parmi les victimes jeudi. Les deux autres sont un homme de 60 ans et un enfant qui a succombé à ses blessures, selon les services de santé du Hamas, au pouvoir à Gaza.

En Israël, trois personnes ont été tuées en début de matinée par une roquette qui a touché de plein fouet un immeuble d'habitation à Kiryat Malachi, à 30 kilomètres de la bande de Gaza, selon la police.

Depuis mercredi après-midi, l'armée de l'air israélienne a effectué "quelque 150 frappes" sur l'enclave palestinienne, selon une porte-parole qui a précisé qu'"au moins 250 roquettes" avaient été tirées, dont 48 interceptées par le système anti-missile "Iron Dome".

Un nouveau cycle de violences à la frontière entre la bande de Gaza et Israël avait éclaté ce week-end dernier, faisant sept morts palestiniens --quatre civils et trois combattants-- et 43 blessés, parmi lesquels huit Israéliens, dont quatre soldats.

Les funérailles d'Ahmad Jaabari se sont déroulées dans la matinée en présence de milliers de personnes, dont des dizaines de militants armés du Hamas, a constaté l'AFP. Mais aucun dirigeant important du Hamas n'était visible.

Ahmad Jaabari est le plus important chef militaire palestinien à avoir été tué par une frappe ciblée israélienne depuis la fin de la dévastatrice offensive "Plomb durci" en décembre 2008 et janvier 2009.

"L'option d'une opération terrestre (à Gaza) reste ouverte", a assuré jeudi à l'AFP le ministre israélien de l'Intérieur Elie Yishaï, en visite à Kiryat Malachi. "Nous pourchasserons les dirigeants du Hamas comme des bêtes féroces", a insisté son collègue des Transports Israël Katz.

A Gaza, la tension était perceptible et un calme inhabituel régnait, interrompu seulement par les roquettes, les explosions et les sirènes des ambulances, selon des journalistes de l'AFP. La plupart des habitants étaient terrés chez eux et les rues, où règne habituellement un bruyant désordre, étaient vides. Les écoles ont été fermées.

L'opération israélienne a été condamnée par la Russie, l'Egypte et l'Iran.

Londres a désigné le Hamas comme "principal responsable de la crise", faisant écho Etats-Unis qui avaient réaffirmé leur soutien ferme à l'Etat hébreu face aux attaques "brutales" du Hamas.

Dans le sud d'Israël, les villes d'Ashdod, Ashkelon, Gan Yavné, Kiryat Gat et Beersheva, la capitale du Néguev, à 40 km du territoire palestinien, ont été visées. Les cours ont été suspendus dans toutes les écoles des agglomérations situées à moins de 40 km de la bande de Gaza.

"Même si les tirs se poursuivent, l'opération militaire doit continuer jusqu'à ce qu'on ait le calme ici", estimait Gaby Peretz, collègue de l'un des civils israéliens tués à Kiryat Malachi.

"Nous sommes à bout de nerfs depuis des années à cause de ces tirs de roquettes, il est temps de ramener le calme", affirmait Israël Bitane, 49 ans, originaire de Netivot, petite ville proche de Gaza.

Dans un communiqué, l'armée israélienne a indiqué avoir visé dans la nuit de mercredi à jeudi des dépôts de munition avec "une centaine de roquettes à moyenne et longue portée, et des infrastructures", endommageant ainsi "de façon significative les capacités du Hamas à tirer des roquettes".

L'aviation et des chars ont aussi visé "divers groupes qui s'apprêtaient à tirer des roquettes", a ajouté l'armée.

Et l'armée a annoncé avoir largué des tracts "appelant la population civile de la bande de Gaza à s'éloigner pour sa propre sécurité des installations du Hamas".

Les Brigades al-Qassam ont revendiqué le tir d'au moins 100 roquettes contre Israël, visant notamment Tel-Aviv, mais l'armée a démenti tout tir en direction de la métropole israélienne.

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