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Prix de l'énergie en Jordanie: de nouvelles manifestations dispersées

15/11/2012 01:59 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Les forces de l'ordre jordaniennes ont dispersé jeudi de nouvelles manifestations contre la hausse des prix des carburants et du gaz, au lendemain d'une journée d'émeutes et de violences dans plusieurs villes de Jordanie.

Au total, les violences ont fait depuis mercredi un mort et 71 blessés, dont 54 policiers, et 158 personnes ont été arrêtées, a annoncé le chef de la police, Hussein Majali.

Jeudi, 300 jeunes se sont rassemblés près de la place Gamal Abdel Nasser à Amman, qui avait été fermée par la police anti-émeute. "A bas le régime ! Abdallah, où est l'argent du peuple ?", ont scandé les manifestants à l'adresse du roi Abdallah II.

"Vous enfreignez la loi", ont prévenu les policiers à travers des haut-parleurs, avant de tirer des gaz lacrymogènes pour disperser le rassemblement, dont plusieurs participants ont été interpellés, et de demander à la presse de quitter la zone.

Après avoir battu en retraite, les manifestants sont revenus vers les policiers anti-émeute, qui ont tiré plusieurs salves de gaz lacrymogènes. L'opposition islamiste, qui avait appelé à manifester, n'a finalement pas participé au rassemblement.

Dans le centre de la capitale, la police a empêché une autre manifestation devant la banque centrale, tandis qu'environ 500 personnes ont tenu un sit-in près d'un amphithéâtre romain.

A Irbid (nord), où un jeune homme a été tué dans la nuit alors qu'il participait à l'attaque d'un poste de police, les forces de l'ordre ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation bloquant la route principale.

Selon M. Majali, les policiers ont "agi en état de légitime défense quand ils ont tué Qais Omari, 23 ans, mais le père du jeune homme a déclaré dans la presse locale que son fils n'était pas armé et n'avait pas attaqué les forces de l'ordre.

Au cours des dernières 48 heures, la police a relevé à travers le pays une centaine d'incidents allant du vol à l'émeute. "Certains anciens condamnés exploitent la situation pour commettre des crimes", a assuré M. Majali lors d'une conférence de presse.

Les troubles ont débuté mardi soir après l'annonce par le gouvernement de hausses d'environ 53% pour le gaz domestique et 12% pour l'essence, expliquant que le déficit budgétaire allait atteindre 3,5 milliards de dinars (environ 5 milliards de dollars) en 2012.

Le gouvernement a souligné qu'en compensation, il verserait 420 dinars (592 dollars) aux familles gagnant moins de 10.000 dinars (14.000 dollars) par an.

Hammam Said, chef des Frères musulmans, en a appelé au roi Abdallah.

"Les Jordaniens ne peuvent pas faire face à de nouvelles charges. Le roi devrait annuler la décision du gouvernement", a-t-il lancé dans un communiqué, réclamant également un report des élections législatives prévues le 23 janvier en raison du "climat actuel".

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