QUÉBEC - Le gouvernement Marois veut redonner aux syndicats de la construction le contrôle du placement de la main-d'oeuvre sur les chantiers, a dénoncé jeudi l'opposition.

Loin de passer comme une lettre à la poste, le projet de règlement sur le Service de référence de main-d'oeuvre de l'industrie de la construction (SRIC) s'est heurté aux libéraux et aux caquistes. À l'Assemblée nationale, les deux partis ont refusé de consentir à l'étude du dossier en commission parlementaire.

«L'Assemblée nationale, par sa décision, demande à la ministre de refaire ses devoirs et de nous représenter un règlement qui sera conforme aux attentes des travailleurs du Québec», a lancé le député libéral Guy Ouellette, en point de presse.

Selon lui, le projet de règlement présenté par la ministre du Travail, Agnès Maltais, comporte des «entourloupettes» pour permettre de nouveau aux syndicats de transiger directement avec les employeurs.

«C'est carrément donner les clés des chantiers aux syndicats», a affirmé M. Ouellette, porte-parole de l'opposition officielle en matière de travail.

«Il y a toutes sortes de petites entourloupettes pour ramener ce qu'on a voulu éliminer l'automne dernier. Ça fait que, dans la vraie vie, il faut se demander qu'est-ce qu'elle a promis aux syndicats», a-t-il ajouté en pointant du doigt la ministre Maltais.

Avec la loi 30, le gouvernement précédent souhaitait s'attaquer à la mainmise de certaines centrales sur les chantiers en éliminant les échanges directs entre employeurs et syndicats sur le recrutement des ouvriers. Québec espérait réduire les risques d'intimidation et de violence sur les lieux de travail en remplaçant le «placement syndical» par un mécanisme neutre géré par la Commission de la construction du Québec (CCQ).

Or, le mécanisme de référence présenté par la ministre Maltais prévoit laisser aux employeurs la possibilité d'entrer en contact avec les syndicats pour combler leurs besoins de main-d'oeuvre.

D'après le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, il s'agit là d'un recul qui révèle à quel point le gouvernement péquiste «a les mains attachées» par ses alliés syndicaux.

«Plutôt que de défendre l'intérêt des travailleurs, l'intérêt de l'ensemble des citoyens, le Parti québécois défend les intérêts de la FTQ-Construction», a-t-il critiqué.

Avec son projet de la règlement, la ministre crée deux catégories d'employeurs: ceux qui accepteront de traiter directement avec les syndicats et ceux qui s'exposeront, par leur refus, à des représailles, a avancé M. Legault.

«Je ne voudrais pas personnellement être dans les souliers des employeurs qui vont refuser de transiger avec les syndicats. (...) Ceux qui n'accepteront pas vont être un petit peu sur la liste noire de la FTQ-Construction. Est-ce que c'est ça qu'on veut au Québec?», a-t-il soulevé.

En conférence de presse, la ministre du Travail a justifié l'orientation adoptée par le gouvernement.

«L'important, c'est d'éliminer le placement syndical et d'éliminer l'intimidation et les pressions sur les employeurs. Mais ils ont besoin d'un certain échange d'informations. Alors nous, on balise, on encadre l'échange d'information puis on essaie de la mettre le plus loin possible (dans le processus) pour ne pas qu'il y ait d'intimidation au départ», a expliqué Mme Maltais.

Quant au refus de l'opposition d'étudier le dossier en commission parlementaire, la ministre a semblé ne pas s'en formaliser outre-mesure.

«Je comprends que l'Assemblée nationale a décidé que nous n'avions pas besoin d'aller en commission parlementaire, alors on gouvernera en conséquence», a-t-elle indiqué.

L'implantation du nouveau système de référence de main-d'oeuvre _ qui relève de la CCQ _ a pris du retard. Il sera opérationnel à compter du 9 septembre 2013, neuf mois après l'objectif initial qui avait été fixé, en vertu de la loi 30, au 2 décembre 2012.

Pour superviser l'application du système, la ministre Maltais a formé un comité de vigie composé de l'ancien ministre péquiste Guy Chevrette, de l'ex-présidente de la CSN Claudette Carbonneau et de l'ancien ministre libéral Jean Cournoyer. Le comité soumettra un rapport un an après la mise en service du système.

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  • Le Parti québécois a <a href="http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/08/04/soins-domicile-parti-quebecois_n_1742718.html" target="_hplink">promis la création d'une politique nationale de soins et de services à domicile</a>. Pauline Marois veut regrouper et augmenter les services offerts aux personnes en perte d'autonomie qui souhaitent rester à la maison. La chef péquiste a promis d'ajouter 120 millions de dollars aux 380 millions déjà prévus par le gouvernement, pour atteindre une enveloppe de 500 millions d'ici cinq ans.

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