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L'Egypte proteste contre Israël et envoie son Premier ministre à Gaza

15/11/2012 12:26 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

L'Egypte, dirigée par un islamiste idéologiquement proche du Hamas au pouvoir à Gaza, a rappelé son ambassadeur en Israël et lancé des contacts tous azimuts pour faire cesser les raids contre l'enclave palestinienne, où son Premier ministre se rendra vendredi.

Le chef du gouvernement égyptien Hicham Qandil "se rend à Gaza pour exprimer notre soutien au peuple palestinien et voir quels sont ses besoins", a déclaré le porte-parole du président Mohamed Morsi, Yasser Ali.

M. Qandil sera accompagné de plusieurs conseillers de M. Morsi, ainsi que du ministre de la Santé, Mohamed Moustafa Hamed.

Cette initiative "courageuse" du Caire "confirme le soutien de la direction, du gouvernement et du peuple égyptiens au peuple palestinien qui subit la guerre israélienne contre la bande de Gaza", a déclaré à l'AFP le porte-parole du gouvernement du Hamas, Taher al-Nounou.

"Les Israéliens doivent réaliser que cette agression, nous ne l'acceptons pas et qu'elle ne peut mener qu'à de l'instabilité dans la région", avait auparavant déclaré M. Morsi, un ancien cadre des Frères musulmans, dont le Hamas est issu.

Le président égyptien a ordonné mercredi le rappel de l'ambassadeur d'Egypte en Israël et s'est entretenu avec son homologue américain Barack Obama et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il a aussi demandé une réunion d'urgence des ministres des Affaires étrangères de la Ligue arabe, qui devrait se tenir samedi.

Mais le pouvoir égyptien semble pris entre la sympathie de son opinion pour la cause palestinienne et le souci de préserver les relations avec Washington et une image de pays responsable.

Avec M. Obama, "nous avons discuté de la nécessité de mettre fin à cette agression et qu'elle ne se répète pas", a dit M. Morsi.

"J'ai expliqué le rôle de l'Egypte, la position de l'Egypte, le fait que nous veillons aux relations avec les Etats-Unis et avec le monde mais en même temps notre refus total de cette agression", a ajouté M. Morsi.

"L'Egypte a changé. Sa volonté s'est libérée", s'est félicité Essam al-Eriane, le vice-président du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ) de M. Morsi.

Le PLJ a prévenu que Le Caire ne "permettrait plus que les Palestiniens soient l'objet d'une agression israélienne comme par le passé", tandis que les Frères musulmans ont appelé à manifester jeudi et vendredi.

"Notre action suit de près le mouvement de l'opinion", a déclaré à l'AFP un diplomate égyptien, en soulignant la nécessité d'examiner la crise actuelle "dans le cadre plus large" des difficultés à avancer vers un Etat palestinien.

"L'Etat palestinien est un sujet d'actualité" et "la situation risque d'empirer si l'on ne répond pas aux aspirations légitimes du peuple palestinien", a-t-il ajouté.

Le rappel de l'ambassadeur d'Egypte ne signifie pas à lui seul que la politique égyptienne envers Israël ait changé, estime toutefois Mustapha Kamel al-Sayyed, professeur de sciences politiques à l'Université du Caire.

"Le changement, c'est que la réaction a été rapide. Avant, ça prenait du temps et ne venait qu'après des pressions", rappelle-t-il.

Le prédécesseur de M. Morsi, Hosni Moubarak, renversé par une révolte populaire en février 2011, était salué comme un dirigeant modéré par les Occidentaux mais accusé en Egypte et dans d'autres pays arabes d'être trop complaisant avec Israël.

Premier pays arabe à avoir signé un traité de paix avec Israël, en 1979, l'Egypte a fréquemment joué les intermédiaires entre Israël et le Hamas.

M. Morsi, élu en juin, a promis une politique vis-à-vis d'Israël plus dure que son prédécesseur, sans toutefois remettre en cause les accords de paix dans leur principe. Dans ses discours, il ne mentionne jamais l'Etat hébreu par son nom.

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