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A Gaza, le fracas des bombardements et le hurlement des ambulances

15/11/2012 10:59 EST | Actualisé 15/01/2013 05:12 EST

Les rues de Gaza sont presque vides. Un silence inhabituel emplit la ville, rompu seulement par les sirènes des ambulances qui emmènent les blessés à l'hôpital le plus proche et le fracas des frappes aériennes israéliennes.

Depuis qu'un raid a tué mercredi après-midi le chef des opérations militaires du mouvement palestinien Hamas à Gaza, marquant le début d'une campagne aérienne israélienne, les habitants se terrent chez eux.

Les rues habituellement pleines de camions et voitures, sont désertées.

Les écoles étant fermées, les foules habituelles d'enfants portant leurs lourds cartables ont disparu.

Les seuls qui osent se risquer à l'extérieur sont les personnes en deuil, réunies près des mosquées, ou qui font la queue devant les boulangeries.

"Je tourne depuis deux heures pour trouver celle où il y a le moins de monde", déclare Momen Ahmad, 24 ans, attendant devant une boulangerie.

"Pour être honnête, il n'y a pas de pénurie de nourriture", explique-t-il. "Mais on pense que c'est mieux de ne prendre aucun risque".

Des habitants s'inquiètent également d'une possible pénurie d'essence.

Alors que Momen attend, survient le bruit d'une nouvelle frappe aérienne, suivi peu après par le sifflement d'un tir de roquette.

A quelques centaines de mètres de là, l'hôpital Al-Chifa de Gaza, où commencent à affluer les blessés, peu après une série de frappes dans le quartier de Zeïtoun, dans l'est de la ville.

Le premier est un homme vêtu d'un survêtement bleu, étendu sur un brancard, pieds nus, criant et pleurant. On l'examine mais l'homme ne semble apparemment pas blessé.

"C'est psychologique. Il est simplement complètement traumatisé", déclare Ihab Chirir, un orthopédiste.

Ensuite, un homme amène sa nièce de huit ans, un bandage sur la tête. Ses tongues roses sont pleines de sang.

"Que s'est-il passé, ma chérie, où as-tu mal ?", lui demande le Dr Chirir.

La fillette hésite.

"Il y a eu une frappe, la maison s'est écroulée, le mur. La pierre est tombée sur moi, sur ma tête", indique-t-elle, montrant du doigt son bandage qui recouvre une profonde blessure sur son front.

Les médecins évaluent la gravité des blessures aussi vite que possible, essayant de libérer les quelques lits avant l'arrivée d'une nouvelle vague de blessés.

Une ambulance amène une femme en niqab, Loubna Daloul, qui s'est aussi retrouvée coincée sous le mur de sa maison après le raid aérien. Enceinte de six mois, elle est terrifiée à l'idée que son bébé ait pu être touché.

Derrière elle, une enfant de six ans ne cesse de sangloter. Son oncle soulève le bas de son pantalon pour montrer l'endroit où un éclat d'obus a creusé une entaille sanglante le long de sa cheville et de son pied.

Face au flux de blessés, le Dr Chirir reste pragmatique, soulignant qu'on est encore loin des scènes de la dévastatrice opération israélienne "Plomb durci" de décembre 2008-janvier 2009 à Gaza, au cours de laquelle quelque 1.400 Palestiniens, dont une majorité de civils, avaient péri, ainsi que 13 Israéliens, dont 10 soldats.

"La situation est mauvaise, mais pas autant que durant Plomb durci", dit-il. "Mais nous craignons et croyons que le pire est à venir".

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