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Syrie: pour Obama, l'opposition n'est pas encore un gouvernement provisoire

14/11/2012 05:22 EST | Actualisé 14/01/2013 05:12 EST

Le président américain Barack Obama a refusé mercredi de considérer l'opposition syrienne remodelée comme l'unique représentante légitime du peuple syrien et encore moins comme un gouvernement provisoire dans l'attente de la chute éventuelle du régime de Damas.

Les Etats-Unis ont poussé ces dernières semaines l'opposition syrienne à s'élargir et à s'unifier au delà du Conseil national syrien en exil --pour y inclure notamment les groupes qui se battent en Syrie-- et Washington a salué la mise sur pied dimanche à Doha d'une "Coalition nationale syrienne des forces de l'opposition et de la révolution".

Lors de sa première conférence de presse depuis sa réélection le 6 novembre, le président Obama s'est dit "encouragé par le fait que l'opposition syrienne a créé un groupe (...) diversifié et représentatif".

Mais il a prévenu que les Etats-Unis n'étaient "pas prêts à les reconnaître comme une sorte de gouvernement en exil".

"Nous les considérons comme une représentation légitime des aspirations du peuple syrien", a insisté le président des Etats-Unis, marquant sa différence avec son homologue français François Hollande qui avait annoncé mardi que la France reconnaissait la coalition nationale syrienne comme "la seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique".

Les pays occidentaux et arabes qui veulent la chute du président syrien Bachar al-Assad exhortaient depuis des mois l'opposition à s'unir pour former les contours d'un éventuel gouvernement transitoire représentatif de toutes les communautés, sensibilités et provinces syriennes.

En outre, le président français a évoqué mardi l'éventuelle livraison d'armes par les Occidentaux aux rebelles. Jusqu'à présent, l'Arabie saoudite et le Qatar ont fourni des armes légères à l'opposition, via la Turquie.

La position des Etats-Unis est, sur ce point, on ne peut plus clair et n'a pas varié d'un iota depuis des mois: refus catégorique de livrer des armes à la rébellion de peur qu'elles ne tombent aux mains d'extrémistes et intensification de l'assistance humanitaire et de l'aide dite "non létale" (équipements de communication, formation...).

Les Américains ont toutefois reconnu en octobre qu'ils se coordonnaient avec leurs partenaires qui fournissent des équipements militaires aux opposants syriens: ils veulent être sûrs que ces armements arrivent à bon port.

De fait, "nous sommes sur nos gardes", a dit le président Obama, "particulièrement lorsque nous commençons à parler d'armer des responsables de l'opposition, afin de ne pas mettre d'armes entre les mains de gens qui pourraient porter atteinte aux Américains ou aux Israéliens".

M. Obama a ainsi donné une nouvelle fois écho aux craintes occidentales d'une présence de combattants radicaux islamistes affiliés à Al-Qaïda dans les rangs de la rébellion syrienne et il a confirmé que ses services de renseignement avaient "vu des éléments extrémistes s'immiscer au sein de l'opposition".

Pour Marina Ottaway, du centre de réflexion Carnegie, "les Etats-Unis sont en quête d'une organisation militaire unique (de l'opposition syrienne) à travers laquelle l'aide militaire et l'argent pourraient être acheminés, en coupant l'herbe sous le pied des jihadistes".

"C'est un plan admirable, mais je ne suis pas sûre que cela puisse fonctionner", a dit l'experte à l'AFP.

nr/jca

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