Québec veut avoir son mot à dire sur un pipeline d'Enbridge

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DANIEL BRETON
Daniel Breton et Alexandre Cloutier. (Radio-Canada.ca) | Radio-Canada.ca

Le projet de la société Enbridge, qui veut inverser le flux d'un pipeline reliant Montréal à North Westover, en Ontario, inquiète le gouvernement du Québec au point où il veut mener ses propres consultations.

L'Office national de l'énergie (ONE), un organisme fédéral, doit déjà tenir des consultations.

Le ministre de l'Environnement et du Développement durable, Daniel Breton, a d'ailleurs indiqué au cours d'un point de presse qu'il aimerait que le Québec y participe.

À ses côtés, son collègue délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes et à la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier, a cependant laissé savoir qu'il y aurait aussi « une consultation québécoise ». « Les gens directement concernés seront consultés, seront impliqués. On va s'assurer que les règles environnementales soient appliquées, les lois environnementales québécoises », a-t-il affirmé.

Les deux hommes n'ont cependant pas été en mesure de dire quelle instance serait chargée de la consultation. Le ministre Breton n'a cependant pas écarté la possibilité de confier ce mandat au BAPE.

« On réfléchit à ça, on vous revient avec une réponse sous peu », a-t-il dit.

Craignant les risques de fuite de pétrole, il a par ailleurs précisé que le Québec souhaite avoir « toutes les informations sur le projet d'Enbridge avant de décider s'il faut le bloquer ». « On est maîtres sur notre territoire, il faut qu'on ait notre mot à dire. C'est aussi simple que ça », a-t-il ajouté.

Un exemple de mise en oeuvre de la « gouvernance souverainiste »

Évoquant un « espace vacant » laissé par le fédéral, le ministre Cloutier a rappelé la décision du gouvernement Harper, inscrite dans son dernier budget, d'assouplir l'évaluation environnementale des grands projets comme les pipelines.

« Vous nous demandez si on va prendre nos responsabilités en matière environnementale devant le désengagement du gouvernement fédéral, a-t-il dit aux journalistes. La gouvernance souverainiste, c'est exactement d'occuper l'ensemble de nos champs de compétence et on va s'assurer qu'il y a des mesures environnementales qui soient appropriées. »

La ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, a pour sa part affirmé que le gouvernement serait attentif à la démarche de l'ONE. « Il va falloir qu'on analyse l'ensemble des impacts du projet, a-t-elle déclaré. Nous n'avons pas encore toutes les informations, il faut regarder quels sont les impacts économiques, quels sont les impacts environnementaux. »

Le chef intérimaire du Parti libéral, Jean-Marc Fournier, a exprimé l'espoir que la décision du gouvernement ne soit pas déjà prise en défaveur du projet. « Je suis d'accord pour qu'on puisse étudier de façon correcte, sérieuse, sans être biaisé à l'avance sur les risques pour l'environnement, les risques pour la santé et les avantages ou inconvénients sur le plan économique », a-t-il affirmé.

Avec le pipeline Sarnia-North Westover, le géant canadien de l'énergie veut faire passer chaque jour, d'ouest en est, jusqu'à 300 000 barils de pétrole issu des sables bitumineux d'Alberta.

En juillet dernier, l'ONE a déjà approuvé une première demande d'Enbridge visant à inverser le sens d'écoulement du pétrole transitant par le tronçon reliant Sarnia à North Westover.

Tout indique que l'ONE tiendra ses consultations publiques sur le deuxième tronçon en début d'année prochaine, si bien que le projet de pipeline pourrait recevoir le feu vert du fédéral en 2013.

Avec des informations de Julie Dufresne