Huffpost Canada Quebec qc

Damas parle de déclaration de guerre après l'unification de l'opposition

Publication: Mis à jour:
SYRIE
AP

Damas a qualifié mercredi de "déclaration de guerre" la réunion de l'opposition au régime de Bachar al-Assad tenue la semaine dernière à Doha et dénoncé avec véhémence un éventuel armement des rebelles évoqué par Paris.

Sur le terrain, les chars du régime pilonnait Damas et sa région, où près d'une centaine de personnes ont péri mardi, tandis que des combats près de la frontière turque ont fait une vingtaine de morts, dont au moins 18 dans les rangs de l'armée, qui recule dans le nord-est kurde, selon une ONG syrienne.

Au lendemain de sa formation, la France a reconnu la Coalition comme "seule représentante du peuple syrien et donc comme le futur gouvernement provisoire de la Syrie démocratique".

Les Etats-Unis, eux, ont affirmé qu'elle était "une représentante légitime du peuple syrien", se gardant d'évoquer un éventuel exécutif provisoire avant que la Coalition n'ait prouvé qu'elle représentait tous les Syriens.

Réagissant pour la première fois depuis la formation de la Coalition à Doha la semaine dernière, le vice-ministre syrien des Affaires étrangères Fayçal Mekdad a dénoncé une position "immorale" de la France.

Evoquant une "position arrogante" dictée, selon lui, par "le passé colonialiste de la France", il a estimé que "cette ingérence flagrante dans les affaires intérieures syriennes viole la charte des Nations unies".

Voyant dans la réunion de Doha une "déclaration de guerre", M. Mekdad a en outre accusé l'opposition de ne pas vouloir "résoudre pacifiquement la crise" en refusant "tout dialogue avec le gouvernement".

"Nous sommes prêts à discuter avec l'opposition syrienne qui a sa direction en Syrie et pas avec celle qui a été fabriquée ou dirigée ailleurs", a-t-il poursuivi, alors que Damas et ses alliés ont multiplié les appels aux négociations, rejetés par l'opposition qui exige avant tout le départ de M. Assad.

Allié de Damas, le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui a affirmé ne soutenir "personne" dans le conflit syrien "contrairement à ce que pensent généralement les gens", a critiqué les positions "partiales" des pays soutenant l'opposition.

M. Mekdad a en outre accusé la France, pour qui la question de l'armement des rebelles sera "nécessairement reposée", d'être "responsable de la mort de milliers de Syriens" en apportant "un soutien financier et technique aux terroristes", auxquels Damas assimile les insurgés. Il a encore jugé "inacceptable" un éventuel armement des rebelles par Paris.

Le chef fraîchement élu de l'opposition, Ahmad Moaz al-Khatib, a réclamé à l'étranger des "armes appropriées", alors que le conflit a fait plus de 37.000 morts en 20 mois selon une ONG.

Si plusieurs Etats du Golfe, notamment le Qatar, appellent à armer la rébellion, des pays Occidentaux, Etats-Unis en tête, refusent cette option, redoutant qu'elles ne tombent aux mains d'extrémistes.

Mercredi, les chefs de la diplomatie du Golfe et de la Russie doivent s'entretenir à Ryad de la Syrie.

Le 30 novembre, Tokyo accueillera une réunion des "Amis du peuple syrien" qui évoquera notamment un renforcement des lourdes sanctions déjà mises en place.

Sur le terrain, l'aviation et l'artillerie ont de nouveau frappé Damas, sa ceinture sud et le nord-ouest de la Syrie, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), au lendemain d'une journée particulièrement meurtrière avec 189 morts.

Et 18 soldats ont péri dans des combats aux abords du poste-frontière de Rass Al-Aïn vers la Turquie, qui s'est dit prête à répondre à toute violation de son espace aérien par l'armée de l'air syrienne.

Face à ces violences qui ont a nouveau fait 48 morts mercredi selon l'OSDH, Washington a annoncé 30 millions de dollars supplémentaires d'aide humanitaire, déjà portée à 165 millions de dollars à l'entrée de l'hiver.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Close
Real Victims Of The Syrian Crisis
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

L'opposition syrienne reconnue, Damas parle de "déclaration de ...

Syrie : "déclaration de guerre" de Doha

La réunion de l'opposition à Doha est une déclaration de guerre

« Bachar, tu mourras en Syrie, mais tu seras enterré dans les ...

Syrie: Damas accuse le chef de la Ligue arabe de vouloir "détruire ...

Assad veut "vivre et mourir en Syrie"