MONTRÉAL – Ce sera bientôt rentrée montréalaise pour The Misstress Barbara Band, qui se donnera en spectacle dans le cadre de l’événement M pour Montréal. Le 16 novembre, la formation montera en effet sur les planches du Club Soda pour partager son second disque Many Shades of Grey paru au Canada, en avril. Artiste québécoise d’origine italienne bien connue pour son travail de D.J. depuis 17 ans, Misstress Barbara s’est faite découvrir comme chanteuse en 2009 avec I’m No Human. Rencontre avec la maîtresse des platines, aujourd’hui passionnée par la création de groupe.

Misstress Barbara, de son vrai nom Barbara Bonfiglio, a fait un choix déterminant pour sa carrière ces dernières années. Certes, son travail solo de disc jockey fait toujours partie du paysage musical, mais celle-ci a délibérément choisi de réduire la cadence, notamment au profit de son groupe. Micros, claviers, guitares, basses, consoles de programmation, esprit collectif, voilà un univers qu’elle a toujours envie d’embrasser pour la prochaine année.

« Au fort de ma carrière, je devais donner une centaine de gigs par année comme D.J., raconte la musicienne, devant une table du Café Italia, de la rue Saint-Laurent. Depuis que j’ai connu la beauté de faire un concert en groupe, je vis différemment la musique. L’avion, l’hôtel, les boîtes, peu importe l’endroit visité dans le monde, je suis pratiquement toujours seule. Et cette solitude finit par être lourde. J’aime toujours faire ce travail (qu’elle dit effectuer un peu les yeux fermés), mais le band est motivant et rafraichissant. J’aime la musique de groupe. Et je vais prioriser la tournée de l’album, c’est certain. »

Depuis la parution de Many Shades of Gray au printemps, la formation de Misstress Barbara n’a livré que quatre spectacles. Normal, selon la principale intéressée, car son équipe attend le début de la véritable tournée devant commencer à l’hiver. Elle est d’ailleurs impatiente de l’offrir au public. « J’adore le nouvel album, plus que le précédent (qui était sombre et beaucoup plus lent), confie-t-elle. Many Shades of Gray est très propice à la scène. Les arrangements sont dynamiques, dansants et beaucoup plus plaisants à interpréter devant une foule qui, disons-le, préfère cette atmosphère à celle que je proposais avec I’m No Human. C’est du moins ce que j’ai constaté lors du spectacle donné à la Société des arts technologiques (SAT), durant le Festival de jazz, en juillet. »

« En fait, c’est meilleur parce que j’ai fait ce disque en fonction de la scène, poursuit l’auteure-compositrice-interprète. J’ai appris beaucoup de I’m No Human. J’ai pris de l’expérience (scénique) et amélioré ce qui ne fonctionnait pas bien. Many Shades of Gray sera également un concert beaucoup plus intéressant parce que je me considère plus confiante sur scène. Au début (2009-2010), je trouvais ma voix horrible. J’avais également de la difficulté à gérer tous les nouveaux paramètres imposés par la notion de jouer en groupe (monitoring, chanter de façon harmonieuse avec les instruments, console de son, nécessité de déléguer, etc.). À force, je me suis améliorée. Ma voix est meilleure et je pense que le résultat général est supérieur à ce que nous faisions pour le premier disque. »

Many Shades of Gray, qui ne révolutionne rien dans le monde de la musique, mérite le détour. Ce spectacle énergique (que nous avons vu en cet été) devrait généralement plaire aux Montréalais. Plusieurs titres de l’album sont accrocheurs avec ses ambiances électro-pop assumées. Bien qu’il soit très dynamique, l’encodé renferme par ailleurs quelques pièces plus douces comme l’introspective Emotional et la touchante Words, avec son joli piano et ses belles lignes mélodiques au violon. Mélodique, voici d’ailleurs un mot important pour le rendu musical de Many Shades of Gray, qui se veut bien davantage qu’une musique électronique qui fait bouger. Une belle part de talent et de sensibilité se cache entre les couches synthétiques de gris.

Pour le concert du 16 novembre, Misstress Barbara sera accompagnée de la choriste Marianne Mathieu (présente dans les spectacles d’envergure), du bassiste David Jalbert, du claviériste Jean-François De Bellefeuille et du guitariste Gabriel Laprade (aussi au claviers et à la batterie électronique).

Nouvelle aventure, retour de l’inspiration, second souffle : Many Shades of Grey, fait partie des « right times » pour la chanteuse et musicienne montréalaise Misstress Barbara, qui promet de tout donner au Club Soda, une salle qu’elle apprécie particulièrement dans la métropole.

Misstress Barabara Band, le 16 novembre, dès 20h45.

Le Parisien d’origine franco-américaine Yan Wagner (électro-pop, new wave) et Noone assureront les premières parties.