JÉRUSALEM - L'armée israélienne a été entraînée dans la guerre en Syrie pour la première fois, dimanche, alors qu'elle a tiré des tirs de semonce par-delà la frontière, après qu'un obus de mortier perdu soit tombé près d'une installation militaire israélienne sur le plateau du Golan.

Alors qu'Israël semblait vouloir calmer la situation, sa réponse est un rappel franc de la facilité avec laquelle la guerre civile syrienne — qui se répand déjà en Turquie, au Liban et en Jordanie — pourrait exploser en une conflagration régionale plus vaste.

Des responsables israéliens ont d'ailleurs brandi la menace de représailles plus importantes si les attaques se poursuivaient.

Ceux-ci craignent que l'instabilité syrienne des 19 derniers mois puisse franchir la frontière et entrer en Israël, particulièrement alors que le contrôle qu'exerce le président Bashar el-Assad sur le pouvoir s'érode de plus en plus.

Israël a peu de bonnes choses à dire sur le président El-Assad, qui a offert un refuge et du soutien aux pires ennemis d'Israël au fil des ans. Mais le leader syrien — et son père avant lui — a gardé le calme à la frontière pendant près de 40 ans, offrant une rare source de stabilité dans une région volatile.

L'armée israélienne a précisé que l'obus n'avait causé ni blessures, ni dégâts au poste militaire du plateau du Golan, un territoire syrien capturé par Israël lors de la Guerre des Six Jours, en 1967, et annexé par la suite.

Au cours des dernières semaines, les incidents de tirs syriens perdus se sont multipliés, menant Israël a annoncer qu'il tiendrait Damas pour responsable.

Après avoir riposté au tir de mortier, l'armée israélienne a rapidement tenté d'abaisser les tensions.

Tsahal a également déposé une plainte auprès des forces des Nations unies stationnées dans la région, affirmant que «les tirs provenant de la Syrie et tombant en Israël ne seront pas tolérés et feront l'objet de ripostes sévères».

Le ministre de la Défense, Éhoud Barak, a indiqué que les forces de défense israéliennes avaient reçu l'ordre «d'empêcher les combats de se répandre dans notre territoire».

Dix-neuf mois de combats et le chaos engloutissant peu à peu le régime El-Assad ont déjà ébranlé la région, se déversant au Liban, en Turquie et en Jordanie. Lors de nouveaux heurts, dimanche, les forces armées syriennes, appuyées par des hélicoptères de combat et de l'artillerie, ont attaqué une zone frontalière de la Turquie après que des rebelles eurent capturé un point de passage, ont indiqué des militants.

L'Observatoire syrien des droits de l'homme, un organisme militant installé en Grande-Bretagne, a indiqué que la région frontalière de Ras al-Ayn, dans le nord-est de la Syrie faisait l'objet d'un «siège», alors que des dizaines de rebelles tentaient de garder le contrôle du point de passage frontalier.

L'entrée d'Israël dans le conflit provoquerait une importante escalade de la violence. Bien que l'État hébreux soit mieux armé, les deux pays ont des arsenaux et des forces aériennes et blindées similaires. Israël craint particulièrement l'utilisation des armes chimiques syriennes. Une entrée en guerre pourrait également provoquer de nouveaux épisodes de violence du Hezbollah, un fidèle allié du régime syrien.

Loading Slideshow...