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Israël "prêt à l'escalade" pour ramener le calme autour de Gaza

11/11/2012 01:04 EST | Actualisé 11/01/2013 05:12 EST

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est déclaré dimanche "prêt à l'escalade" après des affrontements à la frontière avec Gaza qui ont fait six morts palestiniens et blessé quatre soldats israéliens, soulignant le risque de confrontation majeure.

"Israël ne restera pas sans rien faire face aux tentatives de nous attaquer. Nous sommes prêts à l'escalade" en intensifiant nos actions, a averti M. Netanyahu lors du Conseil des ministres hebdomadaire.

Selon le ministre pour la Défense passive Avi Dichter, "Israël ne peut pas accepter l'existence entre son territoire et l'Egypte d'une entité terroriste où les armes s'accumulent".

"A terme, vu la répétition des cycles de violence, nous devrons lancer une opération stratégique afin de rétablir notre force de dissuasion face aux groupes armés" dans la bande de Gaza, a-t-il prévenu.

"Si cela continue, nous envisagerons des représailles beaucoup plus fortes et massives", a renchéri le ministre des Finances Youval Steinitz, un proche du Premier ministre.

"La situation à Gaza devient insupportable. On ne peut pas laisser plus d'un million de personnes (dans le sud d'Israël NDLR) sous un feu constant de mortiers et de missiles", a estimé son collègue Uzi Landau, ministre des Infrastructures.

"J'imagine qu'Israël devra se préparer à une opération, qu'il y ait des élections ou non", a-t-il ajouté, en référence au scrutin législatif en Israël prévu le 22 janvier.

Les hostilités ont éclaté samedi après un tir de missile antichar contre une jeep de l'armée israélienne à la lisière de la bande de Gaza, qui a provoqué en représailles des tirs d'artillerie contre le territoire palestinien, suivis de salves de roquettes contre le sud d'Israël.

Le Hamas, au pouvoir à Gaza, a accusé Israël d'avoir "attaqué des civils à l'est de la ville de Gaza et à Khan Younès". "Nous considérons cette escalade comme très dangereuse. Elle doit s'arrêter immédiatement", a affirmé son porte-parole, Fawzi Barhoum.

Selon l'armée et la police israéliennes, 90 roquettes ont été tirées de Gaza entre samedi et dimanche, faisant quatre blessés légers autour de la ville de Sdérot (sud). Deux roquettes tirées vers la ville de Beersheba ont été interceptées par le système antimissiles "Dôme de fer".

Les Brigades Al-Qods, branche armée du groupe radical Jihad islamique, ont revendiqué dimanche matin 71 tirs de roquettes et d'obus de mortier contre Israël.

Le Jihad islamique a lui aussi averti que "chaque agression contre le peuple palestinien serait suivie d'une réplique de la part de la résistance".

Un autre groupe radical, les Comités de résistance populaire, a pour sa part proclamé que "l'ennemi sioniste paierait le prix fort pour ses crimes".

Les médias israéliens se faisaient unanimement l'écho dimanche de risques que ces violences ne dégénèrent en conflit de grande ampleur.

"Le temps est venu de frapper", titrait ainsi le quotidien pro-gouvernemental Israël Hayom.

Pour le journal Maariv (droite), le Hamas est convaincu que M. Netanyahu fera preuve de retenue pour ne pas être accusé d'orienter la campagne électorale sur les questions sécuritaires plutôt que sur les problèmes économiques et sociaux.

En novembre 2008, trois mois avant les dernières élections législatives, un cessez-le-feu avec le Hamas avait volé en éclats, conduisant le Premier ministre d'alors, Ehud Olmert, à déclencher une offensive dévastatrice contre Gaza, l'opération "Plomb durci", du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, qui avait coûté la vie à 1.440 Palestiniens et 13 Israéliens.

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