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Cinemania: Dead Man Talking avec Patrick Ridremont (ENTREVUE/VIDÉOS)

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Patrick Ridremont. (Crédit photo: Ismaël Houdassine)
Patrick Ridremont. (Crédit photo: Ismaël Houdassine)

Un texte de ZabMag

Le Belge Patrick Ridremont a plusieurs cordes à son arc. Connu dans son pays pour ses capsules dans lesquels il piège par téléphone de «pauvres innocentes victimes», l'acteur, humoriste et réalisateur prête sa voix pour différents programmes ; anime des émissions radio et excelle aussi en improvisation, ce qui lui a valu d'être couronné champion du monde en 1999 au Québec au Festival Juste pour rire. Visiblement pas assez occupé, l'homme de 45 ans vient de réaliser son premier long-métrage intitulé Dead Man Talking. Nous l'avons rencontré lors de sa visite à Montréal dans le cadre de Cinemania.

Derrière le clin d'œil au titre du film de Tim Robbins (Dead Man Walking), l'œuvre de Patrick Ridremont est avant tout une fiction décalée qui mélange de bon cœur humour et gravité. «Il n'est pas facile de mettre mon film dans une case. On ne sait jamais si on est devant un drame ou une comédie», déclare le réalisateur qui avoue avoir voulu faire un film à son image, sans classification.

En effet, Dead Man Talking débute dans une prison où un condamné à mort (joué par Ridremont) attend sa sentence. Avant son exécution, on lui demande s'il a une dernière déclaration. Il commence alors à parler sans jamais s'arrêter créant la panique parmi les membres du personnel de la prison et en premier lieu le directeur (très bon François Berléand) qui voudrait bien en finir avec cette formalité. Mais tant qu'il n'arrête pas de parler, personne n'a le droit de l'exécuter. Le condamné profite ainsi d'un vide juridique pour retarder sa mise à mort. « Il se retrouve comme Shéhérazade qui doit raconter des histoires pour ne pas mourir».

Un mélange des genres voulu et assumé par le réalisateur. «La raison à cela, c'est que je déteste les films qui ont le même ton du début jusqu'à la fin. Il faut donner de la saveur aux choses. La vie ressemble à cela, elle est une succession de rires et de pleurs et mon film ressemble à la vie.»

Patrick Ridremont s'est d'ailleurs amusé à voir que les réactions du public québécois étaient parfois différentes du public belge. «Les Montréalais ont ri sur des scènes que les Belges ne trouvaient pas drôles du tout. Le récit est constamment sur la corde raide. De temps en temps, je pense que je vais toucher les gens, mais au lieu de cela, ils rigolent... peut-être pour ne pas en pleurer. En fait, l'humain est assez curieux».

Dead Man Talking - Nexus Factory - 101 minutes - 2012 - Belgique.