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09/11/2012 10:59 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Vendée Globe - Di Benedetto repart pour un tour, grandeur nature

Après avoir bouclé le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance sur une coque de noix de 6,50 m, Alessandro Di Benedetto (Team Plastique) repart à l'aventure à bord d'un bateau trois fois plus grand, samedi à l'occasion du Vendée Globe.

C'était en juillet 2010. Après 268 jours de mer, record homologué, le Franco-Italien revenait aux Sables-d'Olonne (ouest), dont il est depuis citoyen d'honneur.

Di Benedetto, qui a attrapé le virus marin à l'âge de 6 ans lorsque ses parents l'ont inscrit à un cours d'Optimist, n'en était pas à son premier record insolite.

En 2006, il avait ainsi traversé le Pacifique de Yokohama à San Francisco sur un catamaran de sport, quatre ans après une transatlantique de Las Palmas, aux Canaries, à Pointe-à-Pitre, sur le même type de bateau.

"C'était un rêve", dit-il à propos de sa circumnavigation. "Je voulais montrer que faire le tour du monde sur un petit bateau était faisable et à échelle humaine. Prendre le temps de comprendre la grandeur du monde, pouvoir mesurer sur une échelle humaine de temps et de distance ce que veut dire faire le tour de la planète. Comprendre sur ma peau ce que veux dire faire le tour du monde et en goûter chaque instant", explique Di Benedetto, né à Rome il y a 41 ans d'une mère française et d'un père sicilien.

Il en garde évidemment de "très beaux souvenirs": ses "premiers albatros, les otaries du sud de la Nouvelle-Zélande, les dauphins venus me toucher la main pendant que je les filmais au sud de l'Australie, une baleine de 12 mètres à deux mètres du bateau au coucher du soleil dans l'océan Indien..."

Le skipper pourrait ajouter son démâtage peu avant le cap Horn, qui l'avait obligé à fabriquer un gréement de fortune pour rallier l'arrivée.

Il racontera son aventure à Didier Elin, patron de Team Plastique croisé par hasard à son retour et qui acceptera, avec d'autres entreprises, de lui fournir le budget d'un million d'euros nécessaire (bateau compris) pour s'aligner au départ du Vendée Globe.

Depuis, il n'a pas bougé et fait de la cité vendéenne son port d'attache, délaissant un métier de géologue qu'il n'est pas sûr d'exercer de nouveau.

Pour autant, il refuse qu'on lui colle l'étiquette d'"aventurier", qui a en italien une connotation négative, celle d'une tête brûlée qui partirait la fleur au fusil: "Même si on n'a pas eu beaucoup de temps, le bateau est bien préparé".

Il estime même que ce tour du monde-là sera "plus dur" que celui bouclé deux ans auparavant.

"Car c'est une compétition et je ne viens pas de ce milieu. Même si pour la plupart des autres skippers, ce que j'ai fait est plus dur. Mais je ne suis pas un professionnel des 60 pieds. C'est d'ailleurs ça qui est beau dans le Vendée Globe: retrouver des petits budgets et des gens qui ont fait autre chose aux côtés de professionnels".

Di Benedetto, qui ne peut caresser de rêves de victoire avec son monocoque de 14 ans d'âge à quille fixe (le seul de la flotte), se donne pour objectif de terminer la course "en étant au moins deux fois plus rapide" qu'il y a deux ans.

Même en arrivant deux mois après le vainqueur, il devrait y avoir de nouveau du monde pour l'accueillir.

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