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09/11/2012 01:29 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

Précipice fiscal: les riches doivent accepter une hausse d'impôts, dit Obama

WASHINGTON - Le président Barack Obama a estimé vendredi que sa réélection signifiait que les Américains appuient son approche pour éviter le «précipice fiscal» qui menace de replonger les États-Unis en récession, rappelant que cette approche implique que les Américains les plus riches devront payer plus d'impôts.

Un porte-parole de la Maison-Blanche a déclaré par la suite que le président Obama opposerait son veto à tout projet de loi qui prolongerait les baisses d'impôts pour les ménages gagnant plus de 250 000 $ US par année.

Il s'agissait de la première déclaration publique de Barack Obama depuis sa réélection. Les propos du président donnent le ton des négociations tendues qui s'annoncent avec les républicains du Congrès, afin d'éviter une combinaison d'importantes coupes budgétaires et l'expiration des baisses d'impôts adoptées sous le président George W. Bush. Si aucun accord n'est conclu, ces mesures entreront automatiquement en vigueur le 1er janvier et coûteront 800 milliards $ US pour la seule année 2013.

Les républicains veulent que la stratégie pour éviter le précipice fiscal s'appuie exclusivement sur des coupes budgétaires, mais le président Obama insiste sur le fait qu'une hausse d'impôts pour les plus riches doit faire partie de la solution.

«Nous ne pouvons barrer notre route vers la prospérité», a dit le président dans son allocution.

Barack Obama a rappelé aux Américains que si aucun accord n'est conclu avec un Congrès toujours divisé, «tout le monde verra ses impôts augmenter automatiquement le 1er janvier. Tout le monde. (...) Cela n'a pas de sens. Ce serait mauvais pour l'économie».

Le président a invité les leaders des deux partis au Congrès à se réunir avec lui à la Maison-Blanche la semaine prochaine pour discuter des façons d'éviter le précipice fiscal.

Barack Obama ne s'était pas exprimé en public depuis son discours de victoire dans la nuit de mardi à mercredi, et les républicains du Congrès ont comblé le vide en promettant de s'opposer résolument à toute volonté de hausser les impôts des Américains les plus riches. Le président fait valoir depuis longtemps que le taux d'imposition des familles gagnant plus de 250 000 $ par an devrait revenir au niveau de l'ère Clinton.

Les démocrates et les républicains se disent déterminés à conclure un accord et estiment que maintenant que l'élection présidentielle est passée, tout le monde peut faire preuve de plus de souplesse. Le Congrès recommence à siéger mardi prochain et travaillera pendant environ un mois et demi avant les vacances de fin d'année.

Les républicains préviennent qu'un affrontement sur ce dossier pourrait nuire à de futurs compromis au sein du Congrès et menacer le programme législatif du deuxième mandat de Barack Obama.

«Augmenter les taux d'imposition ralentira notre capacité à créer les emplois que tout le monde réclame», a déclaré le président de la Chambre des représentants, le républicain John Boehner, lors d'une conférence de presse avant l'allocution du président. M. Boehner estime qu'un tel plan pourrait ne pas passer au Sénat, où les démocrates sont pourtant majoritaires.

Les enjeux sont élevés. Un nouveau rapport du Bureau du budget du Congrès (CBO) diffusé jeudi prédit que l'économie américaine replongera en récession si l'impasse persiste à Washington et si le gouvernement tombe dans le précipice fiscal durant toute l'année 2013. Même si la plupart des observateurs estiment qu'une impasse est peu probable, les analystes soulignent que ce scénario pourrait faire passer le taux de chômage à 9,1 pour cent d'ici l'automne prochain. Le taux de chômage est présentement de 7,9 pour cent aux États-Unis.

D'autres analystes estiment que le précipice fiscal est plutôt une «pente fiscale», que l'économie pourrait surmonter une expiration à court terme des baisses d'impôts de George W. Bush et que le gouvernement pourrait gérer une vague de coupes budgétaires automatiques pendant quelques semaines.

Dans tous les cas, le précipice fiscal risque d'inquiéter les marchés financiers, au moment où l'économie américaine peine à redémarrer.

L'analyse du CBO affirme que la combinaison de hausses d'impôts automatiques et de coupes budgétaires réduirait le déficit des États-Unis de 503 milliards $ US d'ici septembre, mais que l'austérité fiscale entraînerait une contraction de 0,5 pour cent de l'économie américaine l'an prochain et coûterait des millions d'emploi.

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