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09/11/2012 05:05 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Mali: le porte-parole d'Ansar Dine opposé à combattre d'autres musulmans (presse)

Le porte-parole d'Ansar Dine, un des trois groupes armés qui occupent le nord du Mali, a jugé contraire à l'éthique de son mouvement le combat contre d'autres musulmans comme les membres d'Aqmi, dans un entretien au supplément week-end d'un quotidien algérien paru vendredi.

"Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique) est composé de musulmans, comme nous. Nous demander de combattre d'autres musulmans, cela n'est pas dans notre éthique", a déclaré Mohamed Ag Aharib à Al-Watan week-end.

Les préparatifs en vue d'une intervention militaire dans le nord du Mali s'accélèrent, les chefs d'Etat ouest-africains devant se réunir dimanche à Abuja pour en approuver les modalités, qui seront transmises la semaine prochaine à l'ONU pour un feu vert définitif.

M. Aharib, dont le mouvement est essentiellement composé de Touareg, voit en cette éventuelle intervention un plan "d'une coalition internationale contre les populations arabes et touareg du Nord Mali".

Il estime "que l'on ne peut s'en prendre à Aqmi ou au Mujao (les deux autres mouvements qui occupent le nord du Mali) sans toucher aux populations: comment feront-ils pour distinguer un terroriste d'un simple citoyen?".

Il affirme qu'agir de la sorte reviendrait "à exterminer un peuple".

De récentes négociations à Ouagadougou et Alger, qui défend une solution politique à la crise, ont débouché mardi sur des déclarations d'Ansar Dine en faveur d'un dialogue national et contre le terrorisme, une position qui affiche une prise de distance par rapport à Aqmi et au Mujao.

Paris et les Occidentaux doutent cependant de la bonne foi du groupe.

"Cette nouvelle déclaration, nous l'avons faite à la demande des médiateurs algériens et burkinabés (...) nous voulons convaincre l'opinion internationale que nous sommes fréquentables", a souligné Mohamed Ag Aharib.

Le porte-parole d'Ansar Dine qui se présente comme une organisation islamique ayant des revendications datant de plusieurs décennies, a estimé en outre que l'Etat malien aurait pu combattre Aqmi du temps où il était puissant puis qu'"ils (Aqmi) occupent le nord du pays (...) depuis plus de 10 ans". amb/vl

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