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Démission du maire de Laval, Gilles Vaillancourt

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GILLES VAILLANCOURT
CP

LAVAL, Qc - Le maire de Laval, Gilles Vaillancourt, a finalement rendu les armes, vendredi, après 23 ans de règne incontesté à la tête de la troisième ville en importance au Québec.

Après avoir été visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'Unité permanente anticorruption (UPAC), le maire n'a toutefois pas cherché, durant son allocution de neuf minutes, à se défendre ou à réfuter les allégations de corruption dont il a fait l'objet.

Plutôt, M. Vaillancourt, qui est âgé de 72 ans et qui était au repos depuis le 24 octobre dernier, a dit se présenter devant les médias malgré les recommandations contraires de son médecin.

«Nous entendons toutes sortes de choses, nous faisons face à des allégations qui, sans être prouvées, altèrent de façon irrémédiable la réputation des gens en qui vous aviez placé votre confiance. Je suis une de ces personnes et je suis profondément blessé. Mes proches le sont aussi. Et, malgré tout ce que je pourrais dire ou faire, force m'est de constater que le mal est fait», a-t-il dit, se présentant comme une victime des circonstances.

Tout au plus, M. Vaillancourt a-t-il tenté de se justifier en invoquant le bien commun. «Je tiens à assurer aux Lavalloises et aux Lavallois que j'ai toujours agi dans leur intérêt en pensant d'abord et avant tout à leur mieux-être et à celui de leurs familles.»

Le reste de son allocution a été consacré à dresser un bilan flatteur de ses années à la tête de Laval qui, sous son règne, a connu une importante expansion économique et démographique.

Le ministre des Relations internationales et responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, a salué cette décision.

«Légalement, il n'avait pas d'obligation de le faire. Il n'est pas sous le coup d'une accusation. Donc c'est un geste politique qu'il a posé pour le bien de l'avenir de Laval», a noté le ministre, lors d'un événement à Montréal.

Après le départ, plus tôt cette semaine, de Gérald Tremblay, M. Lisée a promis que Québec serait là pour accompagner Montréal et Laval, faisant valoir que même en l'absence de leurs maires, leurs institutions étaient toujours fonctionnelles.

«Elles ne sont pas en crise économique, elles ne sont pas en crise sociale, elles ne sont pas en crise institutionnelle, elles sont en crise politique. (...) On va faire confiance aux institutions et on va les accompagner parce qu'il ne faut pas que les citoyens des deux villes soient victimes d'un décrochage ou que les dossiers ne progressent pas», a dit le ministre Lisée.

Le porte-parole de la Coalition avenir Québec en matière de justice, Jacques Duchesneau, a pour sa part exigé du gouvernement Marois qu'il nomme un observateur indépendant à Laval, faisant valoir que le parti du maire Vaillancourt ne fait face à aucune opposition à l'hôtel de ville. M. Duchesneau n'a d'ailleurs pas été tendre à l'endroit du maire à l'issue de sa courte allocution.

«Il joue à la victime, a-t-il laissé tomber. C'était la même chose quand j'ai écouté Gérald Tremblay. C'est une occasion pour lui de faire son bilan; bilan politique, bilan économique. Oui, la ville de Laval a changé mais à quel prix? C'est ça la question. Au prix de victimes, de gens qui ont voulu faire affaire avec (la ville) mais qui ont été empêchés de le faire, des gens qui ont été écartés.

«Est-ce qu'on va nous parler aussi de compagnies qui ont fermé leurs portes parce qu'elles ne pouvaient pas avoir de contrats municipaux, de gens qui ont perdu leur emploi? Ça, pour moi, ce sont des vraies victimes et on n'en parle jamais», s'est indigné le député caquiste.

Le député Amir Khadir, de Québec solidaire, s'est aussi montré tranchant, estimant que les départs de MM. Tremblay et Vaillancourt signalaient la fin d'une époque.

«Il est clair que, dorénavant, il ne pourra pas y avoir — du moins je l'espère — d'autres politiciens qui s'accrocheront comme ça au pouvoir, régneront comme des monarques en toute impunité avec des pratiques douteuses», a-t-il lancé.

Par ailleurs, la conseillère Claire Le Bel, élue en 2009 sous la bannière du parti de M. Vaillancourt, a annoncé sa démission du parti Pro des Lavallois. Elle siégera dorénavant comme indépendante au conseil municipal.

Les perquisitions menées par l'UPAC ont notamment visé les bureaux du maire Vaillancourt à l'hôtel de ville de Laval, sa résidence personnelle ainsi que des coffrets bancaires lui appartenant.

Début octobre, le maire a aussi fait l'objet d'allégations de la part de l'ex-entrepreneur Lino Zambito devant la Commission Charbonneau. Celui-ci a affirmé que Gilles Vaillancourt recevait un pourcentage des contrats de construction octroyés par la Ville de Laval.

Plus tôt cette semaine, un ancien huissier de Laval a déclaré à Radio-Canada lui avoir personnellement remis deux pots-de-vin de 15 000 $ en espèces.

Il y a deux ans, en novembre 2010, l'ancien député bloquiste Serge Ménard a affirmé que M. Vaillancourt lui avait offert illégalement 10 000 $ comptant dans une enveloppe pour sa campagne à l'élection complémentaire provinciale de 1993 dans la circonscription de Laval-des-Rapides, qu'il avait remportée sous la bannière péquiste.

L'ancien député libéral provincial de Vimont, Vincent Auclair, avait ensuite dévoilé que M. Vaillancourt lui avait déjà aussi offert une enveloppe pour «l'aider dans son élection».

Québec n'interviendra pas

À Québec, le ministre des Affaires municipales, Sylvain Gaudreault, a dit que le gouvernement n'entend pas intervenir et va laisser aux élus municipaux de Laval le soin d'assurer la transition jusqu'à l'élection d'un nouveau maire en 2013.

En point de presse, le ministre Gaudreault a dit faire confiance «aux institutions en place» pour désigner un successeur intérimaire à Gilles Vaillancourt, nommer un conseil exécutif de transition et administrer les deniers publics d'ici au prochain scrutin.

En revanche, le gouvernement Marois va «tout faire» pour soutenir la ville de Laval dans la réalisation de ses projets, a affirmé M. Gaudreault, réitérant l'engagement qu'il a pris à l'égard de Montréal à la suite du départ du maire Gérald Tremblay en début de semaine.

Déploiement policier

Le service de police de Laval a diffusé un communiqué, vendredi en fin de journée, pour justifier le déploiement policier qui a pu être observé à l'hôtel de ville lors de la conférence de presse de M. Vaillancourt.

Selon le service, la décision de procéder à un tel déploiement a été prise à la suite d'une information reçue d'un autre corps policier laissant croire que «l'intégrité physique du maire Vaillancourt pouvait être en cause».

Le service de police ajoute ne pas avoir été en mesure de confirmer ou infirmer cette information.

Douze policiers étaient présents à l'hôtel de ville pour cette conférence de presse.

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