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Le responsable d'une organisation tamoule tué par balle à Paris

09/11/2012 02:47 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

PARIS - Un Sri-Lankais âgé de 49 ans, responsable du Comité de coordination tamoul (CCT) en France, a été tué par balles jeudi soir à Paris, ont annoncé des sources policière et judiciaire vendredi.

Nadarajah Mathinthiran, alias Parithi, a été abattu vers 21 heures près d'un arrêt d'autobus, près du local de son association dans le XXe arrondissement. Un homme cagoulé a été vu s'approchant de lui et lui tirer dessus à trois reprises avant de prendre la fuite. Touché au dos, au torse et à l'aine, l'homme est mort 30 minutes plus tard. Des douilles de calibre 9mm ont été retrouvées sur la scène du crime.

Le 30 octobre 2011, le Sri-Lankais avait déjà fait l'objet d'une agression dans la capitale française. Plusieurs hommes munis de bâtons et de couteaux l'avaient alors blessé avant de s'enfuir. Aucun suspect n'a été arrêté dans cette affaire.

Selon le site d'informations Lankanewspaper.com, l'agression serait liée à des rivalités au sein même du CCT. «Il y régulièrement en région parisienne des agressions très violentes de factions rivales au sein de la communauté tamoule», a confirmé une source proche de l'enquête.

Membre influent de la diaspora sri-lankaise, Nadarajah Mathinthiran avait été arrêté à Paris en avril 2007 avec une trentaine d'autres sympathisants et militants. Les enquêteurs soupçonnaient le CCT de racketter des membres de la communauté pour financer la rébellion des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) au Sri Lanka, qui figure sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne.

Après avoir été incarcéré de 2007 à 2010, il avait ensuite été condamné en février 2012 à cinq ans d'emprisonnement pour ce financement illégal. Le tribunal avait également prononcé la dissolution du CCT. Nadarajah Mathinthiran avait fait appel.

Ancien commandant du LTTE au Sri Lanka, Nadarajah Mathinthiran s'était réfugié à Strasbourg à la fin des années 1990, avant de s'installer à Paris avec sa femme et sa fille.

Selon son avocat, Nadarajah Mathinthiran se sentait menacé. «Quand vous vous opposez aux autorités de Colombo, vous êtes en danger», a précisé Me Gilles Piquois. «Il y a une volonté d'éliminer tous ceux qui, de près ou de loin, étaient proches du LTTE.»

Fondé en 1976, le LTTE, qui réclamait notamment la création d'un État tamoul dans le nord-est du Sri Lanka, a déposé les armes en 2009 au terme d'une guerre civile qui a fait au moins 70 000 morts.

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