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L'Armée syrienne libre se réorganise, ses chefs se rapprochent du front (général rebelle)

09/11/2012 06:15 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

L'Armée syrienne libre, principale force d'opposition armée, se restructure afin de gagner la confiance de la communauté internationale, a annoncé à l'AFP un de ses généraux, ajoutant que le commandement de l'ASL était en train de s'installer en Syrie.

Le général Moustafa Cheikh dirige le Conseil militaire présidant l'ASL, qui a été critiqué pour son incapacité à mettre au pas les différentes unités combattant le régime, dont certains membres sont soupçonnés d'avoir commis des crimes de guerre.

Ces dix derniers jours, l'ASL s'est organisée en cinq divisions -- nord, sud, est, ouest et la zone côtière --, et s'est préparée à élire une nouvelle direction, a indiqué le général Cheikh dans un entretien accordé à l'AFP dans le nord de la Syrie.

"Cet organe fonctionnera de façon organisée et disciplinée. Quand cela sera en place, la communauté internationale saura où vont les armes", a-t-il ajouté.

Selon lui, les priorités de l'ASL sont de s'organiser et de se procurer des armes plus puissantes que les kalachnikovs et les roquettes artisanales dont nombre d'unités de l'ASL doivent actuellement se contenter.

Washington, qui appelle au départ du président Bachar al-Assad, s'inquiète de la récupération du soulèvement populaire par des groupes radicaux islamistes susceptibles par ailleurs de récupérer des armes destinées à l'opposition.

Réagissant aux critiques selon lesquelles sa hiérarchie était trop loin du front, l'ASL, dont la majorité du commandement est basé en Turquie, a envoyé, selon le général Cheikh, 200 officiers -- dont lui-même -- dans les zones "libérées" de Syrie, c'est-à-dire celles tenues par les rebelles dans le nord du pays.

"Commandants et officiers ne devraient pas être loin du front, loin de leurs hommes. C'est préférable d'être sur place, c'est mieux pour l'organisation, le moral des troupes, et le contrôle du terrain", explique le général.

Il a affirmé commander 70.000 hommes, un chiffre invérifiable, et estimé qu'un quart des gradés avaient fait défection.

Selon lui, l'ASL représente tous les Syriens, bien que nombre d'informations montrent qu'elle est composée en très large majorité de Syriens arabes de confession sunnite, au moins dans le Nord.

Le général a souligné le besoin de discipline pour contrôler certaines unités qui se comportent comme des milices. "En tant qu'officiers, nous n'acceptons pas du tout ça (...) il est important que les institutions militaires se détachent des préoccupations politiques et représentent toutes les communautés syriennes".

Les analystes sont sceptiques sur la capacité des commandants rebelles de reprendre le contrôle de groupes qui se sont épanouis hors de tout contrôle depuis de longs mois.

L'Arabie saoudite a promis davantage de soutien à condition que l'ASL s'organise, a-t-il souligné.

Mais l'enjeu n'est pas uniquement de gagner la confiance de la communauté internationale: l'ASL a également besoin de surmonter ses divisions qui fragilisent le soulèvement.

Ainsi, le général Cheikh s'en est pris aux Frères musulmans, dominant le Conseil national syrien, principale coalition de l'opposition en exil, les accusant d'acheter la loyauté de certaines unités de l'ASL.

Il a par ailleurs estimé qu'il n'y aurait "jamais" de place dans l'ASL pour les jihadistes du Front al-Nosra, qui ont revendiqué nombre d'attentats meurtriers.

Il y a une semaine, le Haut-Commissariat de l'ONU aux droits de l'Homme a qualifié de "crime de guerre" les actes révélés par une vidéo qui semble montrer l'exécution de soldats de l'armée syrienne par des rebelles.

La vidéo mise en ligne sur You Tube par des militants montre des rebelles frappant une dizaine de soldats blessés, avant de les achever.

Le général Cheikh a indiqué qu'une enquête était en cours et que les auteurs de ces actes seraient jugés, une fois selon lui que la justice reprendra son cours en Syrie après la chute d'Assad.

"Peut-être qu'il n'y a pas de véritable mécanisme pour le moment (...) pour s'assurer que chacun rende des comptes, mais à moyen terme, tous ceux qui ont commis des erreurs en matière de droits de l'Homme et des minorités devront rendre des comptes", a-t-il assuré.

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