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09/11/2012 11:05 EST | Actualisé 09/01/2013 05:12 EST

La Banque de France fait planer le spectre la récession sur la France

PARIS - Récession ou pas? Après avoir indiqué qu'elle prévoyait un recul du produit intérieur brut (PIB) de 0,1 pour cent au troisième trimestre 2012, la Banque de France a annoncé qu'elle tablait sur un recul équivalent au quatrième trimestre, selon des estimations publiées vendredi. Des prévisions qui, si elles se concrétisaient, signifieraient que la France serait engagée dans une phase de récession pour ce deuxième semestre, la récession étant caractérisée techniquement par deux trimestres consécutifs de contraction de l'activité.

La publication par l'Insee jeudi 15 novembre de la première estimation du PIB pour le troisième trimestre apportera des indications quant à la probabilité de voir ce scénario se réaliser. Le ministre de l'Économie s'était montré volontariste sur le sujet mercredi 31 oct sur BFM TV et RMC, déclarant espérer une croissance «légèrement positive» au troisième trimestre.

«Je suis confiant sur la croissance française, raisonnablement», avait expliqué Pierre Moscovici. Les prévisions de l'Insee pour la fin de l'année font jusque là plutôt état d'une stagnation au troisième et quatrième trimestre de cette année, après déjà trois trimestres consécutifs de croissance nulle.

Pour l'instant, le gouvernement français maintient inchangées ses prévisions de croissance pour 2012 et 2013, à savoir 0,3 pour cent et 0,8 pour cent. Jeudi, la commission européenne est apparue plus prudente pronostiquant une hausse du PIB de 0,2 pour cent en 2012 et de 0,4 pour cent en 2013.

Sur le front de la conjoncture, les derniers éléments publiés n'incitent guère à l'optimisme. La production industrielle a rechuté en septembre (-2,7 pour cent par rapport au mois précédent), le recul étant encore plus prononcé pour la seule industrie manufacturière (-3,2 pour cent sur un mois), selon les statistiques diffusées également vendredi par l'Institut national de la statistique et des études économiques.

Et pour sa part, la Banque de France considère que la production industrielle a de nouveau légèrement reculé en octobre, «en raison notamment de la baisse persistante de l'activité dans le secteur de l'automobile».

Face à ces nuages qui s'accumulent, les chefs d'entreprises réduisent leurs ambitions en matière d'investissements. Alors qu'en juillet ils anticipaient une augmentation de ces derniers de 5 pour cent en 2012, ils ne tablent plus aujourd'hui que sur une hausse limitée de 1 pour cent, selon une autre enquête de l'Insee. Pour l'année prochaine, les industriels pensent même baisser de leurs investissements. «En moyenne sur l'année 2013, ils anticipent une diminution de leurs dépenses d'équipement de 12 pour cent par rapport à 2012», note l'Insee qui pointe un recul annoncé de 6 pour cent dans l'automobile.

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