SHERBROOKE, Qc - Les questions demeuraient nombreuses, vendredi, au lendemain de la violente explosion et de l'incendie qui ont fait deux morts et 19 blessés, dont quatre brûlés graves, à l'usine Neptune technologies et bioressources de Sherbrooke.

La cause de l'incendie est toujours inconnue et des enquêteurs de la police, du service de protection contre les incendies, de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) et du bureau du coroner étaient sur place, vendredi, pour constater les dégâts.

«C'est une scène de désolation, a décrit l'agent Martin Carrier, porte-parole du service de police de Sherbrooke. L'usine est complètement ravagée par l'explosion et les flammes. Il y a de nombreux curieux sur place mais aussi des employés et des membres de la famille des employés qui viennent voir et se recueillir également. On tente du mieux qu'on peut d'entourer tout le personnel, les gens de la direction de l'entreprise, aussi, qui collaborent avec nous dans l'enquête.»

L'enquête s'annonce ardue en raison de la puissance de l'explosion, a précisé l'agent Carrier.

«Pour l'instant il y a plusieurs hypothèses et tout ça reste à vérifier et à contrevérifier, compte tenu de l'état de l'édifice, qui est une perte totale, soufflé par une explosion violente. Il y a beaucoup de travail pour nos gens sur le terrain», a-t-il dit.

Le travail d'extinction n'était toujours pas terminé à midi, vendredi, mais les pompiers ne pouvaient pas accéder au coeur de l'édifice qui n'était pas encore sécuritaire, a expliqué le directeur adjoint de la sécurité civile, Serge Collin.

«La structure est encore instable. On a encore des réservoirs à l'intérieur avec de l'acétone. Tant et aussi longtemps que ce ne sera pas vidé complètement, on ne pourra pas intervenir plus qu'on le fait maintenant», a-t-il dit.

Il s'attendait à ce que l'opération d'évacuation des réservoirs ne soit pas terminée avant la fin de la journée vendredi et même possiblement plus tard.

Les autorités médicales ont également fait le point. Quatre personnes ayant subi les brûlures les plus graves ont été transportées au centre des grands brûlés du CHUM, à Montréal, deux par hélicoptère et deux autres par ambulance.

Une d'entre elles a subi des brûlures sur 90 pour cent de la surface de son corps et était dans un état critique mais stable. Les trois autres victimes transportées dans la métropole étaient aussi dans un état stable.

«Nous sommes encore dans les heures les plus critiques», a indiqué la directrice médicale du centre d'expertise pour victimes de brûlures graves du CHUM, Isabelle Perrault. Elle a indiqué que les trois autres victimes avaient subi des brûlures sur 12 à 20 pour cent de leur corps mais que leur situation était compliquée par des brûlures internes.

«Il y a aussi des patients qui ont aspiré des vapeurs chaudes et qui présentent des brûlures par inhalation dans les voies respiratoires et ça nécessite une prise en charge aux soins intensifs avec un support par ventilateur pendant quelques jours», a-t-elle expliqué.

Des 15 autres personnes hospitalisées à Sherbrooke, seulement deux n'avaient pas reçu leur congé de l'hôpital vendredi matin, l'une pour des raisons d'évaluation et l'autre qui avait subi une fracture.

Une porte-parole de la CSST a par ailleurs indiqué que la compagnie Neptune technologies et bioressources n'avait jamais fait l'objet de plaintes dans le passé quant à la sécurité de ses installations ou de ses activités.

Pour sa part, le maire de Sherbrooke, Bernard Sévigny, a annoncé que tous les drapeaux de la ville avaient été mis en berne et il a salué le courage et l'efficacité des services d'urgence dans des circonstances difficiles.

«Évidemment, il y a des pertes très malheureuses, mais en même temps, nous étions bien préparés, a-t-il dit en point de presse. Il y a des plans d'urgence qui ont été mis en application. Il y a une logistique qui s'est mise rapidement sur pied et je pense que les services ont bien été rendus autant par les services de santé que les services immédiats sur le terrain.»

Déjà, lui et un représentant de l'organisme Sherbrooke Innopole parlaient d'une éventuelle relance de l'usine, qui employait 65 personnes, auxquelles devaient s'en ajouter 40 autres à la suite d'un projet d'agrandissement annoncé le printemps dernier.

L'entreprise fabrique de l'huile de krill à forte teneur en oméga-3, pour les marchés nutraceutique et pharmaceutique.

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  • Explosion à Sherbrooke

    Crédit photo: Agence QMI

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