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Cyberattaques: Ottawa craint que le pays serve de plateforme de lancement

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OTTAWA - Le ministère fédéral de la Sécurité publique craint que le Canada ne soit en train de devenir une plateforme de lancement de cyberattaques, et non plus seulement une cible de ces dernières.

Des notes préparées pour une rencontre privée de la Table ronde interculturelle sur la sécurité soulignent que, traditionnellement, la plupart des cybercriminels ont préparé leurs attaques numériques en Europe de l'Est, dans l'est de l'Asie et en Afrique.

«[Les criminels] pourraient se tourner davantage vers des pays plus développés comme le Canada, les États-Unis et la France — des pays comptant sur une bonne réputation», mentionnent les notes, obtenues par La Presse Canadienne en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

«Dit franchement, nous pourrions passer de l'état principal de "cible" des crimes cybernétiques perpétrés à l'extérieur de notre juridiction à celui d'"hôte" d'opérations et d'activités cybercriminelles.»

Ces notes ont été rédigées pour une discussion préparatoire par Brett Kubicek, le directeur de la recherche et des relations académiques du ministère de la Sécurité publique, lors de la rencontre de juin de la table ronde.

Ce regroupement, qui comprend des membres de diverses origines ethniques, tente de susciter un dialogue sur des questions de sécurité entre des responsables gouvernementaux et des communautés culturelles.

«Lorsqu'il est question du cyberespace, il est probable que le flot de questions pour les législateurs continuera, dans un avenir proche, de dépasser la vitesse à laquelle des solutions sont clairement disponibles», expliquent les notes de M. Kubicek.

Les commentaires de ce dernier font suite à une mise en garde explicite du Service canadien de renseignement de sécurité (SCRS) à propos des sites web canadiens qui appuient et promeuvent la violence terroriste.

Cela vient également faire écho aux conclusions de la compagnie de sécurité numérique Websense, qui a classé le Canada au deuxième rang, l'an dernier, au palmarès des hôtes de sites d'hameçonnage qui poussent des gens à fournir leurs informations bancaires et personnelles.

Il a été révélé, en juillet, que des pirates parlant le farsi ont utilisé quatre cyberbases au Canada pour dérober des informations confidentielles de la part de centaines de responsables gouvernementaux et d'hommes d'affaires en Afghanistan, en Iran et en Israël.

Les comptes-rendus de la table ronde soulignent que les responsables canadiens commencent à peine à s'attaquer à un problème qui devrait croître.

Dans ses notes, M. Kubicek a indiqué l'existence d'un «écart toujours croissant» entre le développement rapide de l'aspect numérique de la vie des Canadiens et le corpus législatif, les règles et les politiques mis sur pied pour un monde largement «débranché».

Une séance d'information du ministère de la Justice préparée en vue de la rencontre de juin de la table ronde mentionne plusieurs défis à relever, tels que l'application possible des lois existantes balisant les comportements criminels et la nécessité d'adopter de nouvelles lois pour s'adapter à un environnement en transformation.

Le vérificateur général a par ailleurs récemment déterminé que le gouvernement avait tardé à préparer une réponse adéquate à la menace croissante des cyberattaques contre des systèmes clés.

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