NOUVELLES
08/11/2012 01:17 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

L'opposition syrienne réunie à Doha proche d'un accord

Des représentants des différentes composantes de l'opposition syrienne réunis sous l'égide du Qatar et de la Ligue arabe semblaient jeudi soir proches d'un accord sur une structure politique unifiée.

"Nous sommes très optimistes (...) de pouvoir constituer une direction politique qui satisferait les Syriens et serait reconnue par la communauté internationale", a déclaré aux journalistes l'opposant Riad Seif.

La réunion se tient à l'initiative du Qatar et de la Ligue arabe dans le but de fédérer les différentes composantes de l'opposition jusqu'ici morcelée.

Initialement, elle devait débattre d'une initiative présentée par M. Seif, soutenue par les Etats-Unis, proposant la création d'un "Comité de l'initiative nationale syrienne" rassemblant les différentes composantes de l'opposition, et d'un gouvernement en exil.

Mais le Conseil national syrien (CNS), principale composante de l'opposition, a rendu publique mercredi sa propre initiative préconisant "la tenue dans les territoires libérés d'un congrès national de 300 membres", suivi par la proclamation d'un gouvernement de transition.

"Les organisateurs se sont inspirés de toutes les initiatives présentées pour nous soumettre un projet dont nous devons discuter", a indiqué à l'AFP un participant qui a requis l'anonymat, soulignant que "le Qatar pèse de tout son poids pour parvenir à un accord".

Le projet soumis aux participants "prévoit la formation d'un gouvernement transitoire de dix membres et un conseil militaire", selon lui.

Le Premier ministre du Qatar et ministre des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, avait exhorté les participants à "faire prévaloir l'intérêt de la Syrie et de son peuple sur les intérêts personnels".

"Vous avez la responsabilité historique d'oeuvrer à unifier vos rangs", a-t-il ajouté à l'ouverture de la conférence.

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, et des représentants de puissances occidentales dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont participé à la séance d'ouverture, aux côtés du secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi.

La communauté internationale s'inquiète de voir l'opposition toujours divisée alors que le soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad, entré dans son 21e mois, s'est transformé en guerre civile.

"L'atmosphère est positive. Tout le monde veut réussir, l'échec est interdit", a déclaré aux journalistes l'ancien président du Conseil national syrien (CNS, principale coalition de l'opposition), Burhan Ghalioun.

Outre les représentants du CNS, réunis depuis dimanche à Doha pour renouveler leurs instances, participait à la réunion le Premier ministre syrien ayant fait défection en juin, Riad Hijab, qui s'est dit "optimiste".

Sont également présents les opposants Haytham Al-Maleh, chargé en juillet par une coalition d'indépendants de former un gouvernement en exil, et Souhair Atassi et Rima Fleyhan, qui représentent les comités animant le soulèvement à l'intérieur.

L'opposant Michel Kilo a proclamé dans une déclaration son appui à la réunion, mais ne s'est pas rendu à Doha.

Elle intervient alors que le CNS, qui avait exprimé des craintes d'être marginalisé dans le cadre d'une instance plus large de l'opposition, a élu mercredi soir une nouvelle direction au sein de laquelle les islamistes sont fortement représentés.

Ce nouveau secrétariat général de 41 membres doit élire un bureau exécutif de 11 membres qui éliront à leur tour vendredi un nouveau président, selon un porte-parole du CNS.

Rapidement considéré par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime" après sa création officielle en octobre 2011, le CNS a ensuite été vivement critiqué, notamment par l'administration américaine, pour son manque de représentativité.

at/vl

PLUS:afp