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08/11/2012 07:14 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Le Qatar et la Ligue arabe tentent de fédérer l'opposition syrienne

Des représentants des différentes composantes de l'opposition syrienne ont entamé jeudi à Doha une réunion en présence de responsables arabes et internationaux qui font pression pour les amener à unifier leurs rangs.

"Il faut que l'opposition surmonte ses divisions et arrive à s'entendre sur une instance dirigeante qui aurait de la crédibilité aux yeux des Syriens de l'Intérieur et de la communauté internationale", a déclaré aux journalistes le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe Ahmed ben Hilli.

La réunion se tient sous l'égide de la Ligue arabe et du Qatar dont le Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, cheikh Hamad ben Jassem Al Thani, a exhorté les participants à "faire prévaloir l'intérêt de la Syrie et de son peuple sur les intérêts personnels".

"Vous avez la responsabilité historique d'oeuvrer à unifier vos rangs", a-t-il ajouté à l'ouverture de la conférence.

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, et des représentants de puissances occidentales dont les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne participent à cette réunion, aux côtés du secrétaire général de la Ligue arabe Nabil Al-Arabi et du secrétaire général du Conseil de Coopération du Golfe (CCG) Abdel Latif Zayani.

La communauté internationale s'inquiète de voir l'opposition syrienne toujours morcelée alors que le soulèvement contre le régime de Bachar Al-Assad entré dans son 21ème mois s'est transformé en conflit sanglant.

"L'atmosphère est positive. Tout le monde veut réussir, l'échec est interdit", a déclaré aux journalistes l'ancien président du Conseil national syrien (CNS, principale coalition de l'opposition), Bourhan Ghalioun.

Outre les représentants du CNS, réunis depuis dimanche à Doha pour renouveler leurs instances, participait à la réunion le Premier ministre syrien ayant fait défection en juin, Riad Hijab, qui s'est dit "optimiste".

Sont également présents Haytham Al-Maleh, chargé en juillet par une coalition d'indépendants de former un gouvernement en exil, et Rima Fleyhan, représentant les Comités locaux de coordination, qui animent le soulèvement.

L'opposant Michel Kilo a proclamé dans une déclaration son appui à la réunion, mais ne s'est pas rendu à Doha.

Initialement, la réunion devait débattre d'une initiative présentée par l'opposant et ancien député Riad Seif, soutenue par les Etats-Unis, proposant la création d'un "Comité de l'initiative nationale syrienne" rassemblant les différentes composantes de l'opposition, et d'un gouvernement en exil.

Mais le CNS a rendu publique mercredi soir sa propre initiative pour fédérer l'opposition, préconisant "la tenue dans les territoires libérés d'un congrès national de 300 membres --dont des représentants du CNS, des comités locaux administrant les zones libérées, des personnalités ayant fait défection, et de l'Armée syrienne libre".

"Nous allons laisser tomber toutes les initiatives et réfléchir ensemble sur les principes d'un accord politique", a dit M. Ghalioun, soulignant que "l'unification de l'opposition est un devoir".

La réunion pourrait se prolonger pendant deux ou trois jours, selon lui.

Elle intervient alors que le CNS, qui avait exprimé des craintes d'être marginalisé dans le cadre d'une instance plus large de l'opposition, a élu mercredi soir une nouvelle direction au sein de laquelle les islamistes sont fortement représentés.

Ce nouveau secrétariat général de 41 membres doit élire un bureau exécutif de 11 membres qui désignera un successeur au chef du CNS, le Kurde Abdel Basset Seyda.

L'élection du nouveau chef a été reportée à vendredi car quatre nouveaux membres, représentant les femmes et les minorités --probablement un chrétien et un alaouite--, doivent auparavant être ajoutés d'office au secrétariat général, selon un porte-parole du CNS.

Les islamistes constituent environ le tiers des membres de cette instance, parmi lesquels au moins cinq membres des Frères musulmans, selon un décompte effectué par l'AFP. Les minorités ethniques comme les kurdes et les assyriens y sont représentés, mais aucune femme n'y figure pour le moment.

Rapidement considéré par la communauté internationale comme un "interlocuteur légitime" après sa création officielle en octobre 2011, le CNS a ensuite été vivement critiqué, notamment par l'administration américaine, pour son manque de représentativité.

at/tm/cnp

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