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08/11/2012 11:51 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Le président el-Assad exclut de quitter la Syrie, la Croix-Rouge est «dépassée»

BEYROUTH - Le président Bachar el-Assad exclut de quitter la Syrie et entend «vivre et mourir» dans son pays, a-t-il déclaré dans un entretien à une chaîne russe.

«Je suis syrien, made in Syrie et je veux vivre et mourir en Syrie», a affirmé Bachar el-Asssad, en anglais, dans un extrait diffusé jeudi par Russia Today TV sur son site Web.

Ces commentaires surviennent alors que le premier ministre britannique David Cameron avait suggéré mardi que le président syrien pourrait bénéficier d'un sauf-conduit pour sortir du pays, si cela garantissait la fin de la guerre civile dans le pays.

«Je ne suis certainement pas en train de lui offrir une porte de sortie vers la Grande-Bretagne, mais s'il veut partir, il pourrait partir, cela pourrait être organisé», avait déclaré M. Cameron en déplacement à Abou Dhabi, au deuxième jour d'une tournée au Moyen-Orient.

«Je ne suis pas une marionnette», a alors répliqué Bachar el-Assad lors de cette interview, qui sera diffusée dans son intégralité vendredi.

«Je ne vais pas partir pour l'Occident ou pour n'importe quel autre pays».

Interrogé également sur une intervention extérieure en Syrie, le président syrien a prévenu que sa nation était «le dernier bastion de la laïcité» et que «mettre en danger cette stabilité, pourrait provoquer un effet domino et affecter le monde entier, depuis l'Atlantique jusqu'au Pacifique».

Depuis le début du conflit syrien en mars 2011, plus de 36 000 personnes ont été tuées, selon le bilan dressé par les défenseurs des droits de l'Homme. M. Cameron a pour sa part évoqué 40 000 morts dans l'entretien.

La Croix-Rouge «dépassée»

De son côté, la Croix-Rouge se dit «dépassée» par le conflit syrien qui sévit le pays depuis des mois, a déclaré jeudi à Genève Peter Maurer, le président de l'organisation humanitaire.

Malgré l'amélioration des missions sur place, «nous sommes dépassés par la détérioration de la situation et par les besoins de centaines de milliers de personnes à l'intérieur du pays», a souligné Peter Maurer.

«Cette crise est tellement sérieuse qu'elle s'ancre dans la société jour après jour et cela n'a pas changé depuis cet été», a-t-il ajouté.

M. Maurer a également déclaré que la Croix-Rouge n'avait pas accès à toutes les prisons du pays et rencontrait «des difficultés dans les négociations», les visites étant limitées. L'organisation a demandé l'accès à 25 prisons syriennes et tente de se rendre dans d'autres centres de détention, a-t-il ajouté.

«Il va sans dire que les relations sont tout autant difficiles avec les rebelles», a lancé M. Maurer.

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