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08/11/2012 03:29 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

"Israël est notre ennemi numéro un", affirme le président soudanais (TV)

Le président soudanais Omar el-Béchir, semblant fatigué mais apparemment en bonne santé, est apparu jeudi à la télévision après avoir subi une opération en Arabie saoudite, qualifiant Israël d'"ennemi numéro un" de son pays.

M. Béchir, qui renouait avec ses discours enflammés, s'exprimait dans une vidéo enregistrée plus tôt jeudi à l'ambassade du Soudan à Ryad, selon la chaîne de télévision étatique Blue Nile TV.

"Israël est notre ennemi, notre ennemi numéro un", a-t-il affirmé.

"Après l'incident de Yarmouk, beaucoup de gens étaient en colère et se demandaient pourquoi cela était-il arrivé", a-t-il poursuivi.

Les autorités soudanaises accusent Israël d'avoir envoyé le 23 octobre quatre avions furtifs pour bombarder l'usine militaire de Yarmouk, à Khartoum.

L'Etat hébreu a refusé de commenter ces accusations, mais des responsables israéliens ont accusé Khartoum de servir de base de transit pour les armes iraniennes à destination du mouvement islamiste palestinien Hamas, qui contrôle la bande de Gaza.

Pour prévenir une autre attaque, a poursuivi jeudi le président, le Soudan a deux solutions: la première est de normaliser les relations avec Israël, une option qui ne se concrétisera jamais selon lui.

"La deuxième est d'avoir la technologie qui nous permet de répliquer de manière similaire à Israël (...) Nous essayons d'acquérir cette technologie" a-t-il déclaré.

"Je suis en bonne santé et notre réaction à Israël sera douloureuse", avait-t-il affirmé plus tôt jeudi, selon des propos cités par la radio officielle Omdurman.

Un responsable de la présidence soudanaise, Emad Sayed Ahmed, avait indiqué mercredi que le président, âgé de 68 ans, était en convalescence en Arabie saoudite après une opération subie dans un hôpital du royaume.

Selon l'agence officielle Suna, qui n'a pas donné de détail, il a subi avec succès une petite intervention chirurgicale.

Emad Sayed Ahmed avait démenti le 21 octobre des rumeurs sur une éventuelle maladie de M. Béchir, dont les allocutions s'étaient alors faites plus rares et plus sobres alors qu'il était connu pour ses discours publics enflammés.

M. Béchir a également déclaré que l'Etat stratégique d'Abyei, revendiqué par le Soudan du Sud, "continuera de faire partie du Soudan".

Un referendum prévu en 2011 par lequel la population d'Abyei devait décider si elle appartenait au Nord ou au Sud avait été reporté sine die, notamment en raison de désaccords concernant les tribus qui devraient être autorisées à voter lors de la consultation.

Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 1989, est depuis 2009 sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI), qui l'accuse de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre au Darfour, une région de l'ouest du pays en proie à la guerre civile depuis 2003.

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