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08/11/2012 12:32 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Chine: le Congrès du Parti communiste prépare la transition politique

PÉKIN, Chine - Le 18e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC), qui s'est ouvert jeudi pour sept jours au Grand Palais du Peuple à Pékin, va porter au pouvoir une nouvelle génération de dirigeants et officialiser la passation de pouvoir entre le président Hu Jintao et le vice-président Xi Jinping.

Le Congrès, qui a lieu une fois tous les cinq ans, a été déclaré ouvert après l'hymne national, joué devant la foule de délégués du Parti communiste remplissant le Grand palais du peuple, paré de drapeaux rouges.

Les 2268 délégués ont été envoyés par les 82 millions membres du parti, même si les décisions importantes sont prises par une dizaine de hauts responsables en coulisses.

À l'occasion du Congrès national, le remplacement de nombreux responsables du parti, du gouvernement et de l'armée va être annoncé, une opération organisée de manière méticuleuse, parfois source de divisions au sommet de la seconde économie mondiale, dont la puissance diplomatique et militaire continue d'augmenter.

Les principaux dirigeants de la prochaine décennie qui seront désignés pendant le Congrès sont déjà connus: c'est Xi Jinping, 59 ans, qui sera le futur numéro un chinois, devenant le secrétaire général du PCC avant de succéder en mars prochain à Hu Jintao comme président de la République. Il sera secondé par Li Keqiang, 57 ans, qui doit, également en mars prochain, prendre la place de premier ministre occupée par Wen Jiabao.

La plateforme politique que présente Hu Jintao avec d'autres documents au cours du Congrès a auparavant été approuvée par le Comité central du Parti, composé d'environ 370 hauts responsables du PCC, du gouvernement et de l'armée.

«Nous sommes confrontés à des occasions sans précédent en matière de développement comme de risques. Le parti doit garder à l'esprit la confiance de la population», a déclaré le président Hu Jintao lors de son discours destiné à énumérer tous les succès des cinq dernières années et à dresser la liste des défis des années à venir.

«Le combat contre la corruption reste un défi sérieux pour nous», a-t-il souligné, citant ce thème 16 fois au cours dans son allocution.

Organisé juste après la réélection de Barack Obama aux États-Unis, le Congrès a suscité des comparaisons peu favorables chez certains Chinois qui déplorent le peu de pouvoir dont ils disposent pour choisir leurs dirigeants.

«Je n'ai rien fait d'autre que regarder la télévision avant la réélection d'Obama. Mais pour ce qui est du Congrès du parti en Chine, je n'ai pas d'inquiétude à me faire. Au contraire, ce serait perdre mon temps», écrivait ainsi un célèbre entrepreneur chinois, Xu Xiaoping, mercredi sur le Twitter chinois où six millions de personnes sont abonnées à son compte.

À l'aube, sur la place de Tiananmen qui s'étend devant le Grand Palais, une femme d'une trentaine d'années a lancé des morceaux de papier déchirés dans les airs en criant «bandits et voleurs» avant d'être emmenée par les forces de sécurité.

En signe de protestation contre la répression chinoise, trois jeunes moines tibétains de 15 et 16 ans se sont immolés par le feu mercredi dans la province du Sichuan (sud-ouest du pays). Ils ont appelé à la libération du Tibet et le retour de leur chef spirituel en exil, le dalaï-lama, a précisé dans un communiqué l'organisation Tibet Libre. Une nomade tibétaine de 23 ans s'est également immolée par le feu dans la province du Qinghai (ouest).

La Chine a connu une période de scandales sans précédent au cours de ces derniers mois avec les affaires Bo Xilai, Liu Zhijun, la démission d'un proche conseiller de Hu Jintao après la mort de son fils et de deux jeunes femmes dans un accident de Ferrari. À cela s'ajoutent des manifestations dans tout le pays contre la pollution, les expropriations et la corruption locale.

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