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08/11/2012 05:26 EST | Actualisé 08/01/2013 05:12 EST

Canada: la justice autorise la fabrication de génériques du Viagra

La Cour Suprême du Canada a donné son feu vert jeudi à la fabrication dans le pays de génériques du Viagra, estimant que le géant américain Pfizer n'avait pas été assez précis lors du dépôt du brevet de ce célèbre médicament contre les troubles de l'érection.

La plus haute juridiction du pays a donné raison au groupe pharmaceutique israélien Teva, jugeant que Pfizer n'avait pas précisé lors du dépôt de son brevet, en 1998, quel était le composé chimique au coeur de son médicament.

Dans son arrêt, la Cour explique que Pfizer n'a "pas indiqué que le sildénafil constitue le composé efficace" lorsqu'il a enregistré son médicament.

Or, écrit le juge Louis LeBel, "un brevet ne peut être accordé que pour une +invention+", mais bien pour la "façon exacte et complète" permettant d'obtenir cette dernière.

Mais comme il est apparent que Pfizer savait que le succès de son produit reposait sur le sildénafil, le fait d'avoir délibérément omis de le préciser "entraîne la nullité du brevet", souligne le magistrat.

Le numéro un mondial des médicaments génériques, l'israélien Teva Pharmaceutical Industries, avait entamé ces procédures en espérant pouvoir produire au Canada une copie du Viagra avant même l'expiration du brevet de Pfizer, en 2014.

Le groupe a indiqué dans un communiqué qu'il comptait démarrer bientôt la production d'un générique dont "le prix sera bien moins élevé que celui du Viagra", ce qui va permettre "des millions de dollars d'économies aux consommateurs", tout en "rendant ce médicament accessible aux personnes qui n'auraient pas pu se le procurer autrement".

Ce jugement n'a eu aucun impact sur le titre de Pfizer qui s'est maintenu à 24,16 dollars (-0,04%) à la Bourse de New York. Egalement coté à Wall Street, Teva a reculé de 0,81%, terminant à 40,35 dollars.

sab/sl/mdm

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