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USA: le secteur de la finance voit d'un mauvais oeil la réélection d'Obama

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WALL STREET
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La réélection de Barack Obama à la Maison Blanche et l'accession au Sénat d'Elizabeth Warren, opposante féroce aux banques, sont accueillies avec froideur par le secteur financier, qui s'attend à voir ses marges de manoeuvres contraintes par plus de réglementation.

"Une victoire d'Obama ce n'est sans aucun doute pas une bonne nouvelle pour les banques comme l'aurait été une victoire (du candidat républicain) Mitt Romney", estime Jim Sinegal, analyste bancaire à la maison de recherche Morningstar.

"L'administration Obama va estimer que sa réélection lui donne un mandat pour rester dure avec les banques, voire devenir encore plus dure", renchérit Hugh Johnson, directeur de la maison de gestion d'investissements Hugh Johnson Advisors.

"La loi Dodd-Frank va être mise en oeuvre dans sa version dure et les réglementations qui en sont issues vont être promulguées d'ici un an ou deux", poursuit cet investisseur.

L'entrée en vigueur des réglementations concrètes qui découlent de cette loi a piétiné pendant deux ans, alors qu'une partie des élus républicains s'y oppose et que la communauté financière a déployé beaucoup d'efforts de lobbying pour la contrer, affirmant que plus de réglementation entrave la compétitivité de la finance américaine.

Adoptée en juillet 2010 en réaction à la crise financière de 2008, la loi Dodd-Frank de réforme financière a néanmoins abouti à la création, sous l'impulsion d'Elizabeth Warren, élue mardi sénatrice du Massachusetts, d'un bureau de protection des consommateurs pour superviser les produits financiers grand public.

Professeur de droit de Harvard réputée pour ses prises de position en faveur des particuliers victimes des institutions financières, Mme Warren avait vu sa candidature à la direction de cette nouvelle agence gouvernementale rejetée par les élus Républicains du Congrès.

La loi Dodd-Frank force aussi les banques à renforcer leurs capitaux propres et limite considérablement leur capacité à investir dans des activités et produits risqués, dont venaient une grande partie de leurs recettes avant la crise.

De fait, les bénéfices de banques comme Goldman Sachs ont subi un très sérieux coup de frein depuis son adoption.

Hugh John relativise la victoire électorale de Mme Warren, estimant qu'elle ne sera "qu'une sénatrice parmi d'autres", mais pour Jim Sinegal, elle est presque plus importante que la reconduction de Barack Obama à la Maison Blanche.

"Les banques ont déjà eu quatre années d'Obama", tandis qu'Elizabeth Warren "est l'ennemie des banques et l'une des (responsables politiques) les plus actives pour proposer des réglementations nouvelles" encadrant leurs activités, ajoute M. Sinegal.

Pour l'expert de Morningstar, Mme Warren va probablement proposer de nouvelles réglementations liées par exemple aux "taux d'intérêt que les banques peuvent facturer, résoudre les problèmes qui restent sur les prêts immobiliers" aux Etats-Unis.

Par ailleurs, une administration Obama signifie pour beaucoup de hauts salaires du secteur financier une probable augmentation des impôts fédéraux sur le revenu.

"De façon générale, les banques comme les investisseurs aimeraient que le gouvernement les laisse tranquilles" et les victoires électorales de Barack Obama et d'Elizabeth Warren "en diminuent la probabilité", conclut Jim Sinegal.

Témoignant de ce pessimisme, les valeurs bancaires chutaient fortement mercredi à Wall Street: à la mi-séance, Goldman Sachs perdait 6% à 119,10 dollars, Morgan Stanley 7,6% à 16,82 dollars, Bank of America 6,3% à 9,31 dollars, Citigroup 5,6% à 36,33 dollars et JPMorgan Chase 5,5% à 40,56 dollars.

Les banques contactées et l'Association américaine des banques n'ont pas répondu aux demandes de commentaires de l'AFP.

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