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07/11/2012 05:16 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Référendums historiques sur le mariage gai et la légalisation de la marijuana

LOS ANGELES, États-Unis - Le Maine et le Maryland sont devenus mardi les premiers États américains à légaliser le mariage entre conjoints de même sexe. De leur côté, l'État de Washington et le Colorado devront en découdre avec le gouvernement fédéral, après que leurs électeurs eurent approuvé la légalisation de l'usage de la marijuana à des fins récréatives. Les électeurs de la Calfornie ont quant à eux rejeté l'abolition de la peine de mort.

Les résultats de ces référendums représentent l'aboutissement d'un long processus pour les organisations et les citoyens qui, pendant des décennies, ont milité en faveur des droits des homosexuels et de la décriminalisation de la marijuana.

Selon Alison Holcomb, responsable de la campagne de la proposition 502 dans l'État de Washington, les électeurs ont jugé qu'il était temps de faire une croix sur la prohibition de la marijuana, en vigueur depuis 70 ans. «Les électeurs ont estimé qu'il était temps d'adopter une nouvelle approche», a-t-elle déclaré.

Mais le gouverneur du Colorado John Hickenlooper, un démocrate qui s'oppose à la légalisation de la marijuana, était moins enthousiaste mercredi. «Les lois fédérales stipulent que la marijuana est une drogue illégale, alors ne célébrez pas trop rapidement», a-t-il prévenu.

L'approbation du mariage gai par les électeurs du Maine et du Maryland met fin à une séquence d'échecs dans 32 États depuis 1998. C'est la première fois aux États-Unis que des électeurs donnent leur appui au mariage entre conjoints de même sexe dans le cadre d'un référendum. Le Maine et le Maryland deviendront ainsi les septième et huitième États américains à légaliser la mariage gai.

«Le vent a tourné. Quand les électeurs ont la possibilité d'entendre directement des couples de même sexe et leur famille, ils votent pour l'équité», a analysé Rick Jacobs de Courage Campaign, une organisation californienne de défense des droits des homosexuels. «Ceux qui s'opposent à la liberté de se marier pour les couples engagés sont clairement du mauvais côté de l'histoire.»

Les opposants californiens à la peine de mort n'ont pu se targuer d'avoir atteint leur objectif au lendemain du scrutin, puisque les électeurs de l'État ont voté contre l'abolition de la peine capitale.

Les militants avaient pourtant l'impression qu'il s'agissait pour eux de la meilleure chance de faire adopter cette mesure depuis les 35 dernières années.

Le dépouillement des bulletins de vote était toujours en cours mercredi, mais il semblait évident que les électeurs de la Californie avaient rejeté la proposition dans une proportion de 52 pour cent.

Les sondages réalisés récemment tendaient pourtant à démontrer que les Californiens étaient de plus en plus préoccupés par les coûts inhérents à cette pratique et par ses résultats peu probants.

«Les électeurs de la Californie ont envoyé le message clair que la peine de mort devrait toujours être appliquée à ceux qui commettent les crimes les plus abominables», a déclaré McGregor Scott, ancien procureur fédéral de Sacramento qui co-présidait un groupe d'opposition à cette mesure.

Il y a présentement 726 personnes dans le couloir de la mort en Californie, mais l'État n'a exécuté aucun condamné depuis 2006 à cause des poursuites déposées par certains d'entre eux. La mesure soumise au référendum aurait permis de transformer leur condamnation à mort en peine de prison à vie.

Les partisans de la mesure, dont l'American Civil Liberties Union, ont promis de poursuivre la lutte pour abolir la peine de mort en Californie.

«Le seul fait que l'État soit aussi divisé est rien de moins qu'extraordinaire», a déclaré Jeanne Woodford, une ancienne gardienne de la prison de San Quentin, où se déroulent les exécutions, qui s'oppose désormais à la peine de mort.

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