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Plus de 30 militants chiites déchus de leur nationalité bahreïnie

07/11/2012 01:34 EST | Actualisé 07/01/2013 05:12 EST

Les autorités bahreïnies ont annoncé mercredi avoir déchu de leur nationalité 31 militants chiites pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", au moment où le pays est secoué par un mouvement de contestation dont les chiites sont le fer de lance.

Le ministère de l'Intérieur a énuméré les noms des 31 personnes concernées, y compris les frères Jawad et Jalal Fairouz, ex-députés du principal mouvement d'opposition Al-Wefaq, ainsi qu'Ali Mashaima, dont le père Hassan, chef du groupe Haq, purge une peine de prison à vie pour complot contre la monarchie.

Ces personnes peuvent faire appel devant la justice, a précisé le ministère dans un communiqué reproduit par l'agence officielle BNA.

Cette mesure a été prise pour "préserver la sécurité nationale" et dans le respect "de la Charte internationale des droits de l'Homme et du Pacte international relatif aux droits civils et politiques", a-t-il ajouté.

Certains des 31 militants concernés "vivent à l'étranger", selon des sources proches de l'opposition.

La plupart d'entre eux "ont été acquittés par un tribunal d'exception" mis en place en 2011 pour juger les suspects "d'atteinte à l'Etat" lors de la contestation anti-gouvernementale, a indiqué l'ex-député chiite Matar Matar, invitant la communauté internationale à réagir à cette mesure.

Les ONG locales Bahrain Youth Society for Human Rights et Bahrain Center for Human Rights ont dénoncé dans un communiqué un harcèlement "systématique d'éminents militants politiques, d'anciens députés et de religieux". Ils ont réclamé des pressions internationales pour que les autorités "cessent les violations systématiques et généralisées en matière de droits de l'Homme".

Cinq groupes d'opposition, y compris Al-Wefaq, ont dénoncé dans un communiqué cette décision comme une "violation flagrante des droits de l'Homme," et une "punition infligée à l'opposition politique et ses partisans".

Amnesty International, soulignant que "toute privation arbitraire de la nationalité est interdite par la loi internationale", a appelé les autorités à revenir sur cette mesure "effrayante", motivée selon elle par "les convictions politiques des victimes".

Bahreïn, petit royaume du Golfe à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite, est secoué depuis février 2011 par un mouvement de contestation, animé par des chiites qui réclament une monarchie constitutionnelle avec un Premier ministre issu de la majorité parlementaire.

Mercredi à l'aube, une attaque aux cocktails Molotov a visé selon la police un entrepôt de voitures à Sitra, un village chiite près de Manama.

Lundi, cinq attentats à la bombe à Manama ont tué deux asiatiques, selon les autorités qui ont annoncé l'arrestation de quatre suspects.

Six groupes de l'opposition, dont Al-Wefaq, ont condamné dans un autre communiqué "la violence sous toutes ses formes et d'où qu'elle vienne" et défendu "les droits des citoyens à la liberté d'expression et de rassemblement pacifique".

Les autorités ont décidé fin octobre d'interdire les manifestations après une série de rassemblements parfois émaillés de violences, contre le pouvoir.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), 80 personnes ont trouvé la mort depuis le début en 2011 de la contestation dans ce pays qui abrite le siège de la 5e flotte américaine.

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